Les Folies Bergère de Porcel et Zidrou

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Billet complet ICI

 
J’écris mon billet à 23 heures 15, ce mardi 26 mai 2014.
France 2 diffuse un documentaire poignant sur le débarquement en Normandie et moi je termine la BD de Zidrou et Porcel sur la guerre des Tranchées!
Drôle de coïncidence!
Difficile de me concentrer!
Les deux plus tragiques événements du siècle dernier  absorbés en même temps! 
Deux folies absolues. 
Deux boucheries!
Impossible d’écrire un résumé cohérent.
Les témoignages sont trop forts et les images trop prenantes.
 Un coup d’œil sur la BD, un autre sur l’écran … je n’aurai jamais fini ce billet à temps.
Vous me pardonnerez. Je ne peux que recopier le résumé de l’éditeur et certaines phrases qui me paraissent significatives et vous renvoie aux nombreux autres billets déjà publiés sur ce one-shot si réussi
Les Folies Bergère de Porcel et Zidrou, ma BD du mercredi

Mélusine, T7,Horus pocus, de Clarke, Gilson, Cerise

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(Billet complet sur la BD du mercrediICI)

Ce tome 7 (sur les 22 déjà parus) est mon premier contact avec la jolie petite sorcière aux cheveux roux et au grand chapeau vert  pointu,  l’héroïne de ces  amusants récits sur la sorcellerie et les pouvoirs magiques  que beaucoup ont pu lire sur le Journal de Spirou. 

Ce n’est pas mon cas et je craignais d’être un peu perdue en prenant ainsi en cours de route et de façon abrupte le seul volume disponible  à la bibliothèque. Mais non! C’est fait de gags de une ou plusieurs pages  et j’ai aimé presque immédiatement cette Mélusine au caractère bien trempé mais finalement pas méchante  du tout et si pleine de bonne humeur. Elle a pourtant de quoi faire dans ce château où elle s’est engagée comme fille au pair. La maîtresse de maison est une fantôme toujours en colère qui lui hurle sans cesse de nouveaux ordres. Son mari est un vampire  très calme en comparaison . 

Le pire pour elle c’est l’arrivée inattendue de sa cousine Mélisande, une gentille fée  toute rose mais qui rate tout ce qu’elle entreprend. C’est la honte de la famille. Elle  sait seulement faire apparaître des lapins et des petits gâteaux roses et énerve beaucoup Mélusine qui , à la suite d’une bévue, la transforme en méchante fée. C’est l’occasion de nouveaux gags. 
 
J
J’ai beaucoup aimé cette BD, lue très vite. Les pages se tournent à une allure folle tellement c’est entraînant et joliment raconté. Les couleurs, le dessin, la mise en page, tout m’a plu. Dés que j’en ai l’occasion, je me replonge dans cette parodie des histoires de sorcelleries que je dois être parmi les derniers lecteurs à ne pas avoir connu cette série auparavant.

Mélusine, T7,Horus pocus, de Clarke, Gilson, Cerise ((Dupuis, 2000, 46 p.)

Adieu tristesse, Bonjour tristesse, Paul Eluard

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Adieu tristesse,

Bonjour tristesse.

Tu es inscrite dans les lignes du plafond.

Tu es inscrite dans les yeux que j’aime

Tu n’es pas tout à fait la misère,

Car les lèvres les plus pauvres te dénoncent

Par un sourire.

Bonjour tristesse.

Amour des corps aimables.

Puissance de l’amour

Dont l’amabilité surgit

Comme un monstre sans corps.

Tête désappointée.

Tristesse, beau visage.

Paul Éluard, À Peine Défigurée (La vie immédiate, 1932)

Après la lecture du beau livre d’Anne Berest sur l’année de publication du premier roman de Sagan: 1954. Mon billet: ICI

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Les Anges n’ont rien dans les poches, Dan Fante

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Après le premier roman du père, déjà abordé ici, voici le premier roman du fils, sur la mort de son père, justement, l’écrivain JohnFante et le bouleversement qui s’en est suivi dans sa vie à lui, Dan Fante, qui, après bien des péripéties tragico-grotesques, dues à son addiction éthylique, se termine glorieusement par l’écriture d’un premier poème, difficile à formuler, jusqu’à l’explosion de ce roman autobiographique que ne renierait pas le grand écrivain John Fante lui-même, ici sous le nom de Jonathan Dante.

A peine sorti d’une énième cure de sevrage, Bruno Dante apprend que son père agonise à l’hôpital Cedar Sinaï, à Los Angeles. Le père meurt, Bruno prend le large avec la carte bleue de sa femme, la voiture de son frère et Rocco, le chien de son père. L’aventure commence, déchirante, grotesque, furieuse. 

Difficile de suivre les traces de ses parents, quels qu’ils soient et pourtant, ce récit est une réussite, à hauteur de son modèle. Le lire juste après «Demande à la poussière» a été une riche idée et un plaisir véritable.
L’auteur se livre avec une franchise si totale, semble-t-il, qu’on frôle vite la provocation mais, dans cet alcoolique invétéré qui ne sort de cure de désintoxication que pour mieux retomber dans son addiction, on sent un tel désespoir, une telle envie de s’en sortir et une telle tendresse, mêlée à une violence sans frein, envers les êtres paumés comme lui, qu’on finit par s’y attacher intensément, tout en s’irritant de le voir céder si facilement à ses penchants.

J’ai aimé ce roman à l’égal de celui du père. On y retrouve le chien Rocco, celui tant aimé malgré ses défauts, dont parle John Fante dans: « Mon chien stupide »,  celui qui attaque tous les autres chiens du quartier et qui , comme son maître, a un gros penchant pour le whisky. Ici, après l’enterrement, malade et en fin de vie, lui aussi, il fera partie du « road movie » délirant, en compagnie de son nouveau maître, en dehors de toutes attaches familiales ou sociales. La fin, là encore, est très belle – inattendue! L’avenir peut commencer.
Rien dans les poches, Dan Fante,
(13e Note éditions. oct.2011. Roman : 240 pages). Traduit de l’américain par Léon Mercadet.

Tangente vers l’est, Maylis de Kerangal, un voyage dans le Transsibérien

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Pour qui aime les romans courts, ce récit d’un long voyage d’un bout à l’autre de la Russie par leTranssibérien semblera un echantement. Le style est agréable, lyrique et précis à la fois. L’histoire est des plus simples. Deux inconnus, parfaitement étrangers l’un à l’autre doivent, par la force des choses, partager le même compartiment durant tout le trajet. Ce ne sera pas une mince affaire. L’une est une  française de 35 ans, meurtrie et déçue par son amour russe  rencontré à Paris; l’autre,  un  jeune déserteur traqué par la police de son pays. Leur cohabitation ne sera pas facile. Tout les oppose.

Arriveront-ils ensemble à Vladivostok, «la piste de la liberté qui donnait sur l’océan »?

C’était une lecture rapide et agréable qui a juste manqué d’un peu plus d’épaisseur pour me plaire vraiment. 

Maylis de KerangalTangente vers l’est – ( Verticales, Gallimard, janvier 2012, 136 p.) Prix Landerneau 2012

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Danièle Sallenave et Maylis de Kerangal ont partagé la même cabine du transsibérien entre Novossibirsk et Vladivostok. Chacune en a ramené un livre. « Sibir » pour l’une et  « Tangente vers l’est » pour l’autre. Ces deux romancières faisaient partie en juin 2010 d’une opération  « Transsibérien des écrivains » dans le cadre de l’année France-Russie, réunissant une douzaine d’écrivains, de Patrick Deville à Eugène Savitskaya en passant par Mathias Enard, Dominique Fernandez, Sylvie Germain. (Nouvel Obs)

Le vin du solitaire, Baudelaire

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Le vin du solitaire

Le regard singulier d’une femme galante 
Qui se glisse vers nous comme le rayon blanc 
Que la lune onduleuse envoie au lac tremblant, 
Quand elle y veut baigner sa beauté nonchalante;

Le dernier sac d’écus dans les doigts d’un joueur;
Un baiser libertin de la maigre Adeline;
Les sons d’une musique énervante et câline, 
Semblable au cri lointain de l’humaine douleur,

Tout cela ne vaut pas, ô bouteille profonde,
Les baumes pénétrants que ta panse féconde
Garde au coeur altéré du poète pieux;

Tu lui verses l’espoir, la jeunesse et la vie, 
– Et l’orgueil, ce trésor de toute gueuserie,
Qui nous rend triomphants et semblables aux Dieux!

Les Fleurs du mal, Baudelaire (Le Vin, CVII)

Choix inspiré par Asphodèle et sa poésie du jeudi, avec l’heure verte de Charles Cros 

Théorème vivant de Cédric Villani, médaille Fields 2010, un livre coup de cœur

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Merveilleux livre que ce récit de la vie quotidienne d’un chercheur, par lui-même, au moment où il travaillait sur ce qui lui permettra d’obtenir la plus belle récompense, la médaille Fields, l’équivalent du prix Nobel pour les mathématiques.

Pourtant rien ne me disposait à tant aimer ce livre: ni le titre, ni la quatrième de couverture ni  d’apprendre qu’il y était question de recherches mathématiques et encore moins de le savoir écrit par le chercheur lui-même, alors qu’il venait de recevoir la médaille Fields, l’équivalent du prix Nobel pour cette discipline, (Les mathématiques en ayant été écartées par Nobel lui-même pour incartades de sa femme avec un jeune mathématicien, dit-on) 
 
Quoi qu’il en soit, ce fut une grande lecture jubilatoire, un vrai régal,   très sérieux,  mais optimiste et  plein d’espoir, sur un thème que je ne maîtrise pas et dont je ne parlerai pas   tellement je n’ai rien compris  aux formules mathématiques qui y sont exposées parfois sur des pages entières – de très belles pages d’un point de vue  purement esthétique – mais surtout aucune triche de la part de l’auteur. Ces mois intenses où il travaille jour et nuit pour mettre au point  ses recherches et aboutir enfin à la phase finale de ses efforts,  il les raconte comme  il s’en souvient, avec les petites avancées et les grands flops, les découragements et les moments d’exaltation, le tout mêlé à sa vie personnelle, familiale, professionnelle, amicale. Un moment fort de la vie d’un savant moderne  mais aussi sa vie d’homme tout court et c’est passionnant. C’est un livre qui rend plus intelligent. 
 
Je le conseille vivement à tous et pas seulement aux forts en maths, bien au contraire! 
Suite du billet ICI

Zou, des arbres

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Une artiste que je viens de découvrir dans l’émission « Thé ou café » et dont voici la présentation:

Avant tout, je choisis un thème auquel j’associe des articles de presse, des matières et des couleurs. Des thèmes qui me touchent. Puis, je mélange toutes sortes de matériaux comme la cendre, les journaux,le carton, le sable… aux couleurs chaudes de la terre. Tous ces matériaux que l’on aurait tendance à jeter, j’essaye de leur donner une seconde vie. En y accumulant des couches et des couches de peinture, des « accidents » apparaissent. Ceux-là même qui vont construire la toile. Après cette construction autour du thème, de la couleur et de la matière, je « sculpte » tous ces éléments pour donner du volume et de la force.

Exposition permanente à La galerie L’œil du Prince, Paris

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Avan

Jardin près de la mer, Anna de Noailles

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Ah! Que vivre est divin! L’âpre brise marine
A trempé ce matin les œillets du jardin,
Et dans le doux parterre assoupi, c’est soudain
L’odeur d’un paquebot qui s’en va vers la Chine…

Et rien n’est plus charmant que ce désir qu’on a
Des pays embués de fièvres éternelles,
Quand on est près des lis, du lin, des dauphinelles,
Dans le calme jardin que le ciel nous donna.

Anna de Noailles. (1876-1933)  Les Eblouissements

Mon autre blog 

Citations d’un jour de premier mai

Mon autre blog (Le plus actif encore pour le moment)

Que c’est bon de  pouvoir rester toute une journée chez soi  sans rien faire si ce n’est  feuilleter quelques ouvrages de poésie, lire au hasard et retenir quelques  citations par-ci par-là. Les trois suivantes correspondent bien à mon humeur du jour.

Nous nageons, nous vivons, 

Dans l’air pur de chaque saison.

La vie est belle et l’air est bon. 

(R.Desnos.)

Cependant la lune se lève

Et l’esquif en sa course brève

File gaîment sur l’eau qui rêve. 

(P.Verlaine.)

Tout chante et murmure, 

Tout parle à la fois, 

Fumée et verdure, 

Les nids et les toits;

Le vent parle aux chênes, 

L’eau parle aux fontaines;

Toutes les haleines 

Deviennent des voix. 

(V.Hugo.)