Le plus vieux livre du monde, lu dans Will Schwalbe, « Le parfum de ces livres que nous avons aimés »

Le « Sutra du diamant » est à ce jour le plus vieux ouvrage imprimé connu. Ce rouleau de papier de 5 mètres est composé de 7 feuilles de papier et réalisé par le procédé dit de xylographie en 868 après J.C. 

« Bouddha a composé le Sutra du diamant coupeur, qui traite de l’impermanence, près de cinq cents ans avant notre ère; Au XXIe siècle, on en a découvert une copie dans l’ouest de la Chine. Cette estampe imprimée en 868 grâce à une matrice de bois est le plus ancien livre du monde: elle précède de quelque six cents ans la bible de Gutenberg.Les soixante-dix versets sur la vacuité ont été rédigés aux environs de 200. Leur auteur, Nagarjuna, est né en Inde du Sud dans la caste supérieure des brahmanes et s’est converti au bouddhisme.

Ni maman ni moi  – même après notre lecture – n’avions les références nécessaires pour interpréter cet ouvrage. Maman m’a d’ailleurs fait remarquer que plus elle avançait en âge, plus elle réalisait combien ses connaissances étaient limitées. Elle avait pourtant souligné un passage des Soixante-dix versets sur la vacuité:

La permanence n’est pas; l’impermanence n’est pas; le moi n’est pas; le non-moi (n’est pas); l’ordre n’est pas; le désordre n’est pas; le bonheur n’est pas, la souffrance n’est pas.

Ce passage m’a profondément marqué et j’y suis revenu sans cesse. Je n’étais pas très sûr de la signification mais ça me calmait. «  (p.43)

Le parfum de ces  livres que nous avons aimés,  Will Schwalbe (Belfond)

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Futur coup de cœur ou pas? Le parfum de ces livres que nous avons aimés, Will Schalbe

J’ignorais que j’allais avoir envie de tout arrêter pour finir ce livre et ne plus faire que ça!

Commencé il y a quelques heures et déjà je ne veux plus le quitter.
Il y a peu encore je ne connaissais ni le nom de l’auteur, ni le titre de ce bouquin!
C’est grâce à la sélection du Prix Elle  que j’en ai eu connaissance et que je l’ai fait commander par ma « gentille » bibliothécaire qui a râlé parce que  » Faut pas abuser non plus, ce genre de livre -Document- Témoignage n’est presque jamais demandé par la suite – Mais il est au Prix Elle quand même!  » J’aurais parlé zoulou, ç’aurait été pareil! Prix Elle ? …  connaissent pas ou s’en moquent mais le livre est au rendez-vous, d’où ma reconnaissance!
Moi, c’est un thème qui m’intéresse énormément depuis que …. forcément un beau jour,  ça finit par arriver, la mort de sa mère! J’y pensais déjà assez souvent avant, vu son âge, mais sans y croire vraiment, (une forme de pensée magique, comme  celle de Joan Didion peut-être)  Après, on n’est plus pareil.  Je ne suis plus celle d’avant! Alors je lis tous les livres que je peux sur le sujet, en espérant avoir moins mal. Une sorte de baume d’un instant! C’est toujours ça.
Il se trouve qu’il  en sort de plus en plus et que j’en ai déjà lu pas mal, des très beaux et d’autres  trop intimistes  pour moi mais celui-ci parle aussi de littérature et  d’auteurs que j’aime tout particulièrement comme Irving, Mann, Némirovsky, Hosseini. Cependant,  je n’en suis qu’au début. J’entame seulement le troisième chapitre mais pour l’instant, je prévois le coup de cœur.
Je fais un break pour commencer ce billet et m’informer un peu à son sujet.
Je n’aurais pas dû! Trop d’avis différents –   de l’admiration à la déception. Le pire c’est que certaines blogueuses, parmi celles que j’aime, sont très mitigées , lui reprochant la trop grande perfection des rapports mère/fils, une  famillesi exemplaire qu’elle en devient agaçante, en somme, Alors stop! Je ne vais plus lire d’autres billets pour le moment. Je veux rester le plus libre et le plus  neutre possible pour continuer ma lecture.
Je m’aperçois brusquement que je ne connais pas encore les résultats: a-t-il eu le prix du Document?
Non!  C’est Emmanuelle Bernheim qui l’a obtenu pour  « Tout s’est bien passé » – Tiens! Sur la mort du père cette fois! Décidément ce thème est à la mode!
Bon! Assez! J’arrête l’ordinateur et je retourne au livre. Voilà longtemps que je n’avais plus disposé d’une journée aussi tranquille que celle qui commence. Je m’enferme dans ma bulle. Seule avec le livre.  Loin de tout et de tout le monde. En apnée! L’idéal!
Alors coup de cœur ou pas? A ce soir!
Will Schwalbe: Le parfum de ces livres que nous avons aimés, (Belfond, 2013, 13 p.)
Traduit de l’américain pa Lyne Strourc
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Agatha Christie, Miss Marple au Club du Mardi, le mois anglais

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Comment occuper ses soirées dans un petit village anglais, vers 1930, quand on n’avait pas encore la télévision? Comme toujours, en se réunissant et en se racontant des histoires. C’est ce qui se passe au Club du Mardi, chez Miss Marple, autour de laquelle sont réunies  cinq personnes un  soir auxquelles s’ajouteront quelques autres par la suite,  vu le succès de ces soirées et la réputation grandissante de la vieille dame désormais reconnue pour ses qualités de détective.  La règle est simple. Chaque participant doit exposer un «mystère inexpliqué», une énigme policière que chacun, tour à tour, essaie de résoudre. Bien entendu, à ce petit jeu de déduction, Miss Marple gagne toujours.
Ce que j’aime ici, c’est la présentation de Miss Marple qui, en bonne hôtesse, écoute en silence mais très attentivement ses amis et paie si peu de mine que ceux qui ne la connaissent pas très bien encore oublient de lui donner la parole et restent figés de stupeur devant ses déductions pleines de bon sens et basées uniquement, selon ses dires,  sur sa bonne connaissance des habitants de son village.
Voici d’ailleurs  le regard porté par son neveu,  le premier intervenant de ce premier Mardi, un jeune écrivain plein d’enthousiasme:

Raymond West aimait ce salon plein de caractère dont les meubles anciens s’accordaient aux poutres apparentes du plafond. Par goût et par profession, le jeune homme recherchait toujours l’atmosphère, et la maison de sa tante Jane répondait à ses vœux. Il embrassa une fois encore la pièce d’un regard connaisseur et ses yeux se posèrent avec une tendre affection sur la vieille demoiselle, perdue dans le vaste fauteuil du grand-père. Miss Marple portait, à la mode d’autrefois,  une élégante robe en poult-de-soie, froncée à la taille et éclairée d’un jabot de dentelle de Malines. Ses mains étaient protéges par des mitaines noires et elle avait jeté une mantille, noire aussi, sur ses beaux cheveux blanc. Elle tricotait. – Raymond n’aurait mieux su définir l’ouvrage que par les mots : mousseux, laiteux et aérienLes pâles yeux bleus erraient avec bienveillance de l’une à l’autre des personnes réunies autour d’elle. (…) Ayant accordé à tous quelques instants d’attention, Miss Marple revint à son tricot, un doux sourire aux lèvres.

 Comment ne pas avoir envie de continuer après ça? 

 Pour Le mois anglais  de Lou Titine et Cryssilda

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Mâle occidental contemporain, Bégaudeau, Oubrerie, ma BD du mercredi

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Thomas dépense beaucoup d’énergie pour établir la communication avec l’autre sexe. Mais tout cela se traduit souvent par des échecs, autrement nommés des râteaux. Il n’a pas réalisé que le féminisme avait fait son œuvre. Les filles sont devenues exigeantes, directes, malicieuses. Thomas va devoir hausser le niveau et se remettre en question jusqu’à trembler sur ses bases viriles (Résumé de l’éditeur)

Ce n’est pas la BD du siècle évidemment mais c’est une série d’instantanés de la vie amoureuse d’un jeune homme d’aujourd’hui, beaucoup trop timide et bien élevé, très maladroit, qui essaie de trouver l’âme sœur ou simplement  une petite amie ou plus trivialement ne serait-ce qu’un bon coup d’un soir mais qui n’y arrive jamais malgré ses efforts et les techniques modernes utilisées, de la plus romantique à la plus directe; à chaque fois les filles abordées déjouent ses plans et le rabrouent. C’est pathétique au fond mais traité rapidement sur le mode comique  caricatural. De nos jours comme hier, pas facile de trouver la partenaire idéale mais pas question non plus de s’attendrir. C’est ainsi, voilà tout: désespérant, exaspérant, désolant mais hilarant et j’ai ri. Thomas est jeune et on devine qu’il réussira à force de s’acharner comme il le fait, mais  plus tard et pas dans ce recueil! 

Un jeune le lisait à la bibliothèque. Il avait l’air de s’amuser. Quand il l’a déposé dans le rayon, je l’ai pris à mon tour et ne le regrette pas. En une heure je l’avais terminé et j’étais de bonne humeur! 

Mâle occidental contemporain,  François Bégaudeau, Clément Oubrerie, Philippe Bruno, Delcourt, octobre 2013, 82 pages.

Suite du billet ICI

 

La passion, Jeanette Winterson, Challenge « Le mois anglais », saison 3

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Jadore la nuit. Dans le temps, à Venise, quand nous avions notre propre calendrier et que nous nous tenions à l’écart du monde, nous commencions à vivre la nuit. A quoi nous servait le soleil puisque notre commerce, nos secrets et notre diplomatie dépendaient de l’obscurité? Dans le noir on est comme déguisé, or c’est la ville des déguisements.
«L’Empereur» et «La Dame de Pique», ainsi se nomment les deux premières parties de ce second roman de Jeanette Winterson,  l’une des grandes romancières anglaises du moment. D’un côté,Napoléon, son Empire,  ses folies guerrières, sa passion du commandement, de l’autre, Venise et ses amours nocturnes, androgynes, cachés, masqués, interdits.    La passion est celle que vivent deux êtres étranges dans cette Europe dévastée par les guerres napoléoniennes, entre les incendies, la neige et les milliers de morts de la Retraite de  Russie et le jeu, les masques et les folies des nuits vénitiennes de cette époque. Ce livre n’est cependant pas un roman historique,  mais davantage une histoire fabuleuse  d’amour fou, infiniment réaliste et mystérieusement romantique à la fois.
Henri, le tout jeune cuisinier attitré de l’Empereur, subjugué par lui avant de le haïr  au milieu des  incendies et de la peste qui dévastent tout Moscou , tombe   éperdument amoureux de  Villanelle, la fille d’un batelier vénitien, née avec des pieds palmés,  elle-même follement éprise de la mystérieuse Dame de Pique qui lui a volé son cœur. Elle n’aura de cesse de la poursuivre avec Henri, son amoureux transi, pour récupérer ce cœur injustement volé.
Le résumé trahit la complexité mais aussi la beauté de l’histoire, pleine de péripéties et de rêve où s’entremêlent passion, jeu, folie, travestissement, androgynie, mythe, références historiques et littéraires puisque selon l’éditeur ce récit est un hommage à ceux d’Oscar Wilde et de Virginia Woolf.  Quoi qu’il en soit , c’est un roman que j’aime beaucoup et qui m’incite à poursuivre ma découverte de  Jeanette Winterson,peut-être avec son autobiographie: Pourquoi être heureux quand on peut être normal?  
La passion, Jeanette Winterson (éditions de l’Olivier, 2013, 214 p.) Traduit de l’anglais par Isabelle D. Philippe, ( 1987)
Ici également

Nouvelle participation au mois anglais de Lou, Cryssilda et Titine. 

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Nouvelles au saut du lit

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  • Surprise, ce matin,  vers 5 heures, en ouvrant la télé, sur D8, dans Voyage au bout de la nuit, émission où de charmantes actrices lisent des classiques en général.  Cette fois-ci, s’agissant d’une lecture érotique (Beautiful sex bomb, de Christina Lauren –  un seul nom pour deux auteurs en réalité), la demoiselle, actrice de charme,  était en petite tenue, en costume de travail  en somme.  Verrons-nous bientôt une religieuse  s’attaquer à la lecture du fameux roman de Diderot ou des lectrices en habits victoriens pour lire Jane Austen? Étrange!

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  • Inscription au challenge de Brize: Le pavé de l’été, j’adore. Plus de 600 pages à lire jusqu’au 7 octobre: c’est faisable, sympa  et encourageant de se dire qu’on est déjà si nombreuses à lire de gros romans!

  • Dans un tout autre registre,  une seconde découverte a retenu mon attention, plus sérieuse, celle-là!  Il existerait une ancienne Terre à l’intérieur de la Terre!  Il y a quelques jours, des scientifiques ont annoncé avoir trouvé un océan souterrain à 500 kilomètres sous la surface terrestre qui proviendrait d’un événement extraordinaire , il y a quatre milliards d’années, quand un objet de la taille de mars, probablement une comète,  aurait heurté la Terre libérant ainsi tellement d’énergie qu’il aurait fondu comme une grande partie de l’enveloppe terrestre tandis qu’une partie du nuage de roches vaporisées se serait de nouveau agrégée à la Terre et l’autre se serait solidifiée non loin de là, donnant naissance à la Lune.  Pour en savoir plus, c’est ICI. Également sur mon autre blog: ICI

Sylvie Testud, Le ciel t’aidera

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Roman mais roman autobiographique. Sylvie Testud parle d’elle et de ses moments de folie avant un tournage  de deux mois loin de Paris. Au centre, sa tendance à avoir peur de tout et de rien mais surtout ses crises d’angoisse panique quand elle est seule, chez elle, dans sa vie de tous les jours. Le tout raconté avec le genre d’humour qui lui est bien particulier. Elle sait se moquer d’elle même – en exagérant peut-être un peu? En tout cas elle m’a semblé sincère, marrante, cocasse, farfelue, extrême,  finalement à plaindre: une pauvre petite fille qu’on a envie de rassurer comme on le fait avec les jeunes enfants qui ont peur du noir. D’ailleurs elle commence par une scène clé de son enfance quand, seule à la maison  avec ses sœurs, terrifiées par un coup de sonnette inattendu et insistant, digne du grand méchant loup,  elle  joue à elle seule, pour chasser l’intrus, toute une comédie digne de la future comédienne qu’elle est devenue. « Un moment de fierté. J’avais été grandiose ce jour-là. Mes deux sœurs et moi en avons parlé plus d’une fois. Une coupe à mon armorial!  Un bon point pour moi, pour toute la vie. » 
Adulte, ce sera bien pire. Son imagination lui joue des tours pendables et lui pourrit la vie. Les nouvelles à la télé, le métro la nuit, les rues isolées,  les parkings souterrains, les cambriolages, bientôt ses velux mêmes, tout l’effraie au point de s’ interdire plein de sorties, de cacher des couteaux sous ses oreillers et ses matelas, de se retrouver prisonnière sur son toit, bref  un tas de déboires dérisoires mais très pénibles. Qui n’a jamais connu un seul de ces accès de panique ne peut que difficilement comprendre à quels excès on peut arriver dans ces cas-là. C’est au-delà de tout raisonnement  et le ridicule est vite atteint! 
« Si le courage peut se mesurer à  la peur à surmonter, alors je me proclame la fille la plus courageuse du monde. »
C’est un livre très sympathique qui se lit à toute allure.  Un bon moment de détente.
Le ciel t’aidera, Sylvie Testud, Roman,  (Fayard, 2005, 220 p.)

Dédicace :  A toutes les femmes seules

Exergue:  Si c’est à cause d’une des réalités extérieures que tu t’affliges, ce n’est pas elle qui te trouble, c’est le jugement de valeur que tu portes sur elle.  (Marc Aurèle)

Trois BD, ce mercredi … Pas trop top!

Vraiment pas top du tout ce mercredi puisque des trois BD lues cette semaine, je n’en ai aimé aucune et pourtant, à défaut de trouver celles que je cherchais, je me suis fiée aux grands noms sur la couverture: Alan Moore, Van Hamme,  et Matthieu Bonhomme. 
 
La première, Fashion Beast, T1, La Mode et la Bête, de Aymond et Van Hamme je n’en parlerai pas 
 
puisque je ne suis manifestement pas faite pour ce genre de dessins. Quant à l’histoire, un remake de la Belle 
 
et la Bête, elle m’a si peu intéressée que je l’ai vite abandonnée. Je ne m’habitue pas aux  Comics; je le 
 
savais déjà mais je voulais essayer encore une fois d’élargir mes choix. C’est raté! Voici ce qu’en dit un 
 
spécialiste: 
 

une histoire imaginée par le légendaire Alan Moore en 1985. L’auteur de La Ligue des Gentlemen Extraordinaires s’était associé à Malcolm McLaren, le manager des Sex Pistols, pour écrire ce chef-d’œuvre prévu à l’origine pour le cinéma.Grâce à Antony Johnston (Daredevil) et Facundo Percio (Anna Mercury), ce récit renaît aujourd’hui sous la forme d’un comic book. Le conte La Belle et la Bête y est revisité dans le monde de la haute couture . 

 
Le deuxième et le troisième  album: Lady S, T9, Pour la peau d’une femme, de Aymond et Van Hamme et Esteban de Matthieu Bonhomme sont d’une lecture beaucoup plus facile mais ni l’histoire de la jeune espionne ni celle du jeune mousse sur un baleinier au Cap Horn ne m’ont vraiment plu – sans me déplaire totalement non plus. Je n’ai ressenti en les lisant que de l’indifférence  en somme avec cependant une  nette préférence pour le jeune baleinier, un novice plutôt touchant dans l’apprentissage de son métier et puis il y a quand même de belles pages, bref je crois que ce dernier titre a souffert de ma mauvaise humeur de la semaine due aux lectures précédentes! Je me sens un peu injuste en ce moment! Je devrais le relire! 

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Maine, J. Courtney Sullivan

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Après avoir beaucoup aimé Les débutantes, le premier roman de J. Courtney Sullivan,  c’est avec un grand plaisir que j’ai lu  Maine,  son  second ouvrage et que je lirai  le troisième qui vient de sortir: Les liens du mariage. J’aime les thèmes choisis, le style et les  personnages.
Cette  histoire de famille sur trois générations,  autour d’une belle propriété familiale de vacances, à Cape Neddick, dans le Maine, m’a passionnée.
Au départ comme à la fin,  il y a Alice, la mère et la grand-mère qui accueille  tour à tour chaque été ses enfants et petits enfants  dans sa maison si convoitée. A quatre-vingt-trois ans, veuve et solitaire pendant le reste de l’année, elle s’est rapprochée du jeune père Donnelly, très dévoué à la paroisse auquel elle vient de léguer toute sa propriété sans même avertir ses enfants. Les fermetures de plusieurs églises voisines l’ayant bouleversée, elle espère ainsi contribuer  à sauver la sienne.
C’est l’intrigue principale qui se déroule du mois de mai au moment où cette décision a été prise jusqu’au 15 août suivant, jour de l’Assomption quand Alice, la mauvaise mère, la belle méchante agaçante personne se retrouve seule à prier dans son église.
Entre temps on aura connu et suivi les vies de ses enfants, essentiellement   celles de Kathleen, sa fille mal aimée qui vit loin d’elle, avec son second mari, dans sa ferme d’élevage de  vers de terre,  Maggie, la fille de celle-ci, la douce  qui pleure le départ de son ami, enceinte d’un enfant qu’elle décide de garder, celle aussi de Ann Marie, sa belle fille, l’impeccable,  l’irréprochable, qui s’occupe de tout et de tous et qui vient d’être choisie pour la finale des Maisons de poupées, ce dont elle est très fière.
On se doute bien que la découverte de la perte de la maison  et du cottage du Maine où ils aimaient se retrouver chaque été aura des conséquences terribles pour chacun d’entre eux et on attend avec impatience leurs retrouvailles. L’attente est longue un peu trop parfois mais rien n’aurait pu m’empêcher d’aller jusqu’au dénouement, cette famille étant presque devenue la mienne le temps de ma lecture. De surprises  en révélations sur les uns et les autres, je n’ai vraiment pas été déçue.
J’ai aimé. Beaucoup
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Maine, J. Courtney Sullivan
Camille Lavacourttraductrice
Poche, 2011, 600 p. Date de parution: 30/4/2014
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Deuxième participation au challenge de Bianca: Un pavé par mois

Lettre – confidence de Rimbaud aux siens en 1883

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Harar, le 6 mai 1883

Mes chers amis,

Isabelle a bien tort de ne pas se marier si quelqu’un de sérieux et d’instruit se présente, quelqu’un avec un avenir. La vie est comme cela, et la solitude est une mauvaise chose ici bas. Pour moi, je regrette de ne pas être marié et avoir une famille. Mais, à présent, je suis condamné à errer, attaché à une entreprise lointaine, et tous les jours je perds le goût pour le climat et les manières de vivre et même la langue de l’Europe. Hélas ! à quoi servent ces allées et venues, et ces fatigues et ces aventures chez des races étranges, et ces langues dont on se remplit la mémoire, et ces peines sans nom, si je ne dois pas un jour, après quelques années, pouvoir me reposer dans un endroit qui me plaise à peu près et trouver une famille, et avoir au moins un fils que je passe le reste de ma vie à élever à mon idée, à orner et à armer de l’instruction la plus complète qu’on puisse atteindre à cette époque, et que je voie devenir un ingénieur renommé, un homme puissant et riche par la science ? Mais qui sait combien peuvent durer mes jours dans ces montagnes-ci ? Et je puis disparaître, au milieu de ces peuplades, sans que la nouvelle en ressorte jamais.
Vous me parlez des nouvelles politiques. Si vous saviez comme ça m’est indifférent ! Plus de deux ans que je n’ai pas touché un journal. Tous ces débats me sont incompréhensibles, à présent. Comme les musulmans, je sais que ce qui arrive arrive, et c’est tout.
La seule chose qui m’intéresse, sont les nouvelles de la maison et je suis toujours heureux à me reposer sur le tableau de votre travail pastoral. C’est dommage qu’il fasse si froid et lugubre chez vous, en hiver ! Mais vous êtes au printemps, à présent, et votre climat, à ce temps-ci, correspond avec celui que j’ai ici, au Harar, à présent.
Ces photographies me représentent, l’une, debout sur une terrasse de la maison, l’autre, debout dans un jardin de café ; une autre, les bras croisés dans un jardin de bananes. Tout cela est devenu blanc, à cause des mauvaises eaux qui me servent à laver. Mais je vais faire de meilleur travail dans la suite. Ceci est seulement pour rappeler ma figure, et vous donner une idée des paysages d’ici.
Au revoir,
Rimbaud.
Maison Mazeran, Viannay et Bardey,
Aden.

Arthur Rimbaud, La Pléiade, (p.364/365)

En cherchant un poème de Rimbaud  pour ce dimanche, je suis tombée sur cette lettre très émouvante de Rimbaud à sa mère et à sa sœur Isabelle.  Il est alors en difficulté avec la maison qui l’emploie à Aden pour le commerce du café en particulier  et avec laquelle il vient cependant de renouveler son contrat pour une période de trois ans encore bien que persuadé que l’établissement fermera bientôt, les bénéfices ne couvrant pas les frais. C’est une des rares lettres où il se laisse aller à faire quelques confidences un peu intimes. 

Les Quatre d’ Agatha Christie, pour le mois anglais de Lou, Cryssilda et Titine

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Puisque « Mieux vaut tard que jamais » je m’inscris au Livre anglais du mois de juin, et que Lou, Cryssilda et Titine me pardonnent si je prends le train en marche sans m’être inscrite auparavant: j’implore leur indulgence. 🙂 J’ai bien noté qu’une Lecture Commune d’Agatha Christie aura lieu le samedi 28 juin et j’espère bien pouvoir y participer à nouveau avec un autre titre.

J’ai pris un grand plaisir à relire  cet ancien livre de Poche, un peu jauni mais qui a survécu à la mise à la poubelle de tous les autres, trop abîmés à mon goût pour être conservés sur de nouvelles étagères toutes blanches et immaculées! (Naturellement maintenant je regrette ce geste iconoclaste même s’il a permis de faire de la place pour les petits nouveaux qui s’accumulent encore ici et là  sur toutes les surfaces planes pas possibles autour de moi.)

Mais revenons aux Quatre d’Agatha! C’est un roman de folie où les aventures s’enchaînent de façon aussi rocambolesque et magistrale que dans oo7 !

Hercule Poirot est seul (Avec Hastings quand même !)  face à un complot mondial alarmant de quatre criminels de nationalités différentes qui veulent devenir les maîtres du monde.  Il y a là un Chinois mystérieux,  un Américain milliardaire, une chimiste française  et «Le Destructeur», un anglais sans scrupules, sans oublier,  évidemment,  l’inévitable espionne russe. Des clichés tout pleins, bien sûr, un tas d’invraisemblances, comme le frère jumeau dePoirot qui se révèle en fin de compte … mais chut, je me tais … je ne dirai rien.  C’est si bon de retrouver Agatha avec ses poisons, ses enlèvements, ses serviteurs redoutablement efficaces et dangereux…. Et tout le reste que j’aurais été si déçue de ne pas revoir, mais ce que je préfère c’est  la tranquillité apparente des journées et le flegme de Poirot opposée  à l’agitation brouillonne de Hastings quand on s’attend à tout instant à une mort inattendue  car la mort plane toujours autour de Poirot, «le petit bonhomme à la tête en pain de sucre et aux yeux verts », comme le décrit Hastings, le narrateur, de retour  d’un séjour d’un  an et demi avec sa femme, dans un rancho argentin où il a bien réussi dans les affaires. Il rentre en Angleterre  pour surprendre son ami et lui faire une belle surprise: celle de son retour !

«Sans doute trouverais-je Poirot chez lui ; le temps était passé où ses occupations l’obligeaient à courir d’un bout à l’autre de l’Angleterre.

Sa réputation était devenue mondiale, et il n’admettait plus qu’une affaire absorba^t tout son temps. Désormais, il n’intervenait plus que comme « Détective-conseil ». au même titre qu’un docteur célèbre de Harley Street.

L’image populaire du limier qui revêt les plus extraordinaires déguisements pour dépister les criminels, et qui s’arrête à chaque trace de pas, l’avait toujours amusé.

«Non, mon cher Hastings, me dirait-il, … Hercule Poirot a d’autres méthodes ! Le cerveau avant tout ! L’intelligence, l’esprit, les petites cellules grises ! Confortablement installé dans mon fauteuil, je vois ce qui échappe aux autres. Pas besoin de bondir et de me démener comme notre ami l’inspecteur Japp!»

PS: Il serait peut-être temps qu’une couverture plus moderne soit proposée pour ces titres d’Agatha Christie. Je les trouve bien vieillottes!

A suivre sur mon autre blog ICI

Au fil des blogs, ce matin, à l’aube …

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Délicieux moment ce matin, au saut du lit, très tôt et en pleine forme: j’allais avoir du temps pour la tournée des blogs, sans à priori, à l’aventure, une découverte en entraînant une autre. Ce n’est plus si souvent que je peux le faire cette année, c’est pourquoi je savoure d’autant mieux cette liberté, presque dans l’euphorie, comme un départ en voyage! Non ce n’est pas exagéré!

Bon je commence:

– D’abord voir les derniers commentaires reçus: première surprise agréable: il y en a plusieurs,  toujours intéressants, de blogs amis et de quelques nouveaux. Bon, ça me fait plaisir mais je répondrai plus tard.
– Ouverture des mails ensuite –  et là je perds du temps à effacer les spams et les propositions de livres à lire, de films à voir, des  expositions à visiter et autres courriers du même genre.
– Enfin j’ouvre les nouvelles provenant des blogs auxquels je me suis abonnée et tout d’abord, le premier qui se présente:  celui deCachou sur son « Journal d’une lectrice »     Elle présente deux livres  de « bavardages livresques »: La traversée des plaisirs dePatrick Roegiers et Le désordre Azerty d’Èric Chevillard. Elle ne les a pas aimés, « peu conquise par ces remarques sans intérêt »et se pose la question de savoir « dans quelle mesure ces livres auraient été édités s’ils avaient été écrits par un illustre inconnu. (…) Si j’ai quelques doutes sur la réponse concernant La traversée des plaisirs de Patrick Roegiers, je n’en ai absolument aucun quant au Désordre Azerty d’Eric Chevillard… Bon rien que du classique jusque là: elle n’a pas aimé ses lectures et elle explique pourquoi, ne se contentant pas de simplement donner ses impressions. Je trouve excellent ce billet mais ne pense pas laisser de commentaires puisque je ne connais pas bien ces auteurs sauf un peu le second grâce surtout à son blog: L’Autofictif mais voici qu’une polémique se développe dans les commentaires et voilà ma curiosité piquée. Je m’attarde:

– Au lieu d’essayer d’écrire, vous devriez apprendre à lire … écrit le premier des auteurs cités, relayé par une admiratrice inconnue (ou pas?).

S’en suit  un long échange très intéressant dans lequel Cachou sort largement gagnante à mes yeux, avec des arguments pleins de bons sens. Une bonne mise au point  de ce qu’on peut attendre d’un blog littéraire. Est-ce de l’arrogance que de donner ses impressions sur un livre qu’on n’a pas aimé? Devrait-on se taire dans ce cas? Ne doit-on présenter que les ouvrages que l’on a aimés?

Ensuite, passage chez Cuné, comme toujours. J’aime sa liberté. Je découvre plein de choses avec elle qui ne suit rien ni personne, que son plaisir mais  ni les nouveautés,  ni les challenges, ni les prix,  sauf que oui  ça lui arrive aussi souvent  de le faire, puis de le défaire.  Elle se permet de changer tout le temps, comme de fermer son blog du jour au lendemain puis de le réouvrir un autre beau jour, sans tambour ni trompette. Elle ne fait que ce qui lui plaît et ça me plaît aussi. Ce matin, ce sera un film, un peu  ancien, ça ne fait rien et même tant mieux car je ne le connais pas encore. Lions for Lambs, de et avec Robert Redford. La justification de son choix, la voici, mais en faut-il une d’ailleurs?

Il m’a pris l’envie de tous les voir (et souvent revoir) en commençant par le premier évidemment, mais je n’avais que celui-ci sous la main et en plus j’avais envie, dont acte.

Mais voilà une heure de passée. Il ne m’en reste qu’une et je n’ai vu que deux blogs. Tant pis je ne laisse pas non plus de commentaires, surtout parce que je n’ai rien à dire si ce n’est une banalité du genre: « je ne le connais pas mais tu me donnes envie de le voir ». J’écris ça trop souvent et je n’en suis pas fière mais c’est avant tout pour laisser une trace de mon passage, comme de venir dire bonjour en somme ou Ne m’oublie pas, c’est selon!

Direction Chez Moka maintenant où elle raconte son excitante expérience de participante très active aux journées de la BD d’Amiens. Passionnant et étourdissant! Bravo Moka, mais là je vais m’arrêter un moment pour aller boire mon premier café de la journée. Il est 7H 30 et tout va bien.

A suivre peut-être!… mais je dois finir « Maine », comme promis,  et écrire un billet pour le mois anglais, comme j’en ai envie  et puis  lire et lire  encore ….tant d’autres livres me tendent leurs pages… J’arrive, j’arrive,les petits … Il me faut juste un peu de temps encore…

A suivre sur mon autre blog:  ICI