Sylvie Testud, Le ciel t’aidera

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Roman mais roman autobiographique. Sylvie Testud parle d’elle et de ses moments de folie avant un tournage  de deux mois loin de Paris. Au centre, sa tendance à avoir peur de tout et de rien mais surtout ses crises d’angoisse panique quand elle est seule, chez elle, dans sa vie de tous les jours. Le tout raconté avec le genre d’humour qui lui est bien particulier. Elle sait se moquer d’elle même – en exagérant peut-être un peu? En tout cas elle m’a semblé sincère, marrante, cocasse, farfelue, extrême,  finalement à plaindre: une pauvre petite fille qu’on a envie de rassurer comme on le fait avec les jeunes enfants qui ont peur du noir. D’ailleurs elle commence par une scène clé de son enfance quand, seule à la maison  avec ses sœurs, terrifiées par un coup de sonnette inattendu et insistant, digne du grand méchant loup,  elle  joue à elle seule, pour chasser l’intrus, toute une comédie digne de la future comédienne qu’elle est devenue. « Un moment de fierté. J’avais été grandiose ce jour-là. Mes deux sœurs et moi en avons parlé plus d’une fois. Une coupe à mon armorial!  Un bon point pour moi, pour toute la vie. » 
Adulte, ce sera bien pire. Son imagination lui joue des tours pendables et lui pourrit la vie. Les nouvelles à la télé, le métro la nuit, les rues isolées,  les parkings souterrains, les cambriolages, bientôt ses velux mêmes, tout l’effraie au point de s’ interdire plein de sorties, de cacher des couteaux sous ses oreillers et ses matelas, de se retrouver prisonnière sur son toit, bref  un tas de déboires dérisoires mais très pénibles. Qui n’a jamais connu un seul de ces accès de panique ne peut que difficilement comprendre à quels excès on peut arriver dans ces cas-là. C’est au-delà de tout raisonnement  et le ridicule est vite atteint! 
« Si le courage peut se mesurer à  la peur à surmonter, alors je me proclame la fille la plus courageuse du monde. »
C’est un livre très sympathique qui se lit à toute allure.  Un bon moment de détente.
Le ciel t’aidera, Sylvie Testud, Roman,  (Fayard, 2005, 220 p.)

Dédicace :  A toutes les femmes seules

Exergue:  Si c’est à cause d’une des réalités extérieures que tu t’affliges, ce n’est pas elle qui te trouble, c’est le jugement de valeur que tu portes sur elle.  (Marc Aurèle)

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