La petite foule, Christine Angot

christine Angot, la petite foule
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Après Une semaine de vacances, voici le second livre de Christine Angot que je referme. C’est le jour et la nuit entre les deux. Le premier, très cru et très intime, autobiographique, sur l’inceste et l’abandon – douloureux comme tout – Celui-ci, une suite d’une centaine de portraits contemporains, pris sur le vif – des gens de toutes conditions et finalement l’auteur au milieu de tous, vrai centre névralgique: une écoute (le surprenant chœur des oiseaux à la fin dont s’est moquée Natacha Polony chez Ruquier), une vision très personnelle, à la manière de La Bruyère cité en exergue:  Je rends au public ce qu’il m’a prêté; j’ai emprunté de lui la (manière) / matière de cet ouvrage. Un autre choix aurait aussi bien pu convenir:  Mes peintures expriment bien l’homme en général puisqu’elles ressemblent à tant de particuliers. Sans doute pas cette affirmation-ci cependant: Cet ouvrage n’est qu’une simple instruction sur les vices des hommes. Il vise moins à les rendre savants qu’à les rendre sages.  

Quoi qu’il en soit, j’ai reconnu bien des personnages et moi-même également dans ces évocations prises sur le vif, du Parisien d’adoption à la Lectrice, la Suiveuse, le Mort, l’étudiante en week end, la jeune mariée, La petite foule enfin, l’avant dernier texte où il est question d’un avion retardé et de la réaction des voyageurs. Tant d’autres encore que j’ai trouvés bien vus et bien exécutés, des œuvres d’art en miniature qu’il faut lire au compte-gouttes sinon je décroche très vite et je ressens la même exaspération que s’il s’agissait d’un recueil de nouvelles. Christine Angot s’en défend cependant et affirme que c’est bien un roman qu’elle a écrit mais je n’ai pas eu cette impression. Les personnages changeant continuellement, il n’y a pas de liens entre eux et l’intrigue est réduite à zéro. Ce sont juste des fragments, des morceaux de vie mis bout à bout, plus ou moins longs et plus ou moins intéressants. Ce n’est pas ce que je préfère.

La petite foule, Christine Angot
(Flammarion, mars 2014, 256 p.)

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