Faillir être flingué, Céline Minard, Prix Inter 2014

Céline Minard faillir être flingué

Un livre superbe que je ne suis pas près d’oublier! Et pourtant, si j’ai vu beaucoup de westerns et si j’aime encore les regarder, c’est le premier roman de ce genre que je découvre. Je l’aurais su avant, je crois que je ne l’aurais pas choisi de peur de m’ennuyer parce que, curieusement, il me semblait que les cavalcades et les affrontements hommes blancs/ Indiens, les arrivées en chariots des émigrants dans les immenses espaces sauvages à couper le souffle de l’Ouest américain étaient plus propres à être vus que lus. C’était une erreur. J’ai aimé ce roman des origines à l’égal des meilleurs «Nature Writing» lus ces derniers temps, (merci Keisha!) Je découvre par là-même une romancière que je veux absolument mieux connaître car j’apprécie sa manière d’écrire à la fois sobre et inspirée mais d’un lyrisme réaliste très maîtrisé. Elle dit juste ce qu’il faut sans partir dans de grandes envolées mystiques ou poétiques, sans perdre en route son lecteur. Le récit s’organise autour de faits et de détails très précis et concrets. On s’y croit. Les personnages sont nombreux, variés, attachants: Josh, le fils si fantasque, Brad et Jeffrey, si déterminés, les premiers, qui enterrent leur aïeule en cours de route, Xiao Niù, la gamine, Sally, la tenancière du bordel, énergique et efficace, Zébulon, le bon négociant courageux, et tellement d’autres mais il faut bien les cerner dès le départ sinon on risque de s’y perdre au début. Le rythme, qui m’a paru un peu se ralentir au milieu, repart de plus belle par la suite avec des épisodes de toute beauté. Le début est magnifique, la fin très réussie.

Ce livre a reçu le prix Inter. Comment s’en étonner?

Le chariot n’en finissait plus d’avancer. La grand-mère à l’arrière criait de toutes ses forces contre la terre et les cahots, contre l’air qui remplissait encore ses poumons. » (Première phrase)
Et dans le bar surpeuplé il raconta comment il avait vu sortir des rotatives les milliers d’oiseaux blancs, ô future vigueur, qui allaient envahir le continent. (fin)

Billets de Jérôme, Hélène, et plein d’autres sur Babelio…

Billet sur autre blog: ICI

Faillir être flingué, Céline Minard, Prix du livre Inter 2014
(Rivages, juin 2013, 326 p.)

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3 réflexions sur “Faillir être flingué, Céline Minard, Prix Inter 2014

    • Je n’ose pas insister parce que si on n’aime vraiment pas les westerns même en films, je me demande quelle pourrait être la réaction mais les armes à feu et les bagarres ne sont pas l’essentiel. Il n’y en a que très très peu. Heureusement; Tout est dans le souffle de liberté , de nature incroyablement belle et sauvage que l’on y sent et surtout dans les rapports entre ces personnages d’un début de monde nouveau qui finalement vont créer leur propre village avec toutes les difficultés qui peuvent s’en suivre! …

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