Les hommes meurent, les femmes vieillissent, Isabelle Desesquelles

Les hommes meurent les femmes vieillissent isabelle desesquelles

Sans ma libraire, je n’aurais pas acheté ce livre.  Le titre ne me plaisait pas et surtout, je venais pour les gnds noms de cette rentrée littéraire mais c’était son coup de cœur et devant raun tel enthousiasme,  j’ai été faible, je me suis laissée convaincre.

Je ne l’ai pas ouvert tout de suite. J’ai attendu et ne l’ai choisi que pour mieux m’en débarrasser et ne plus le voir traîner sur ma table. Ce n’est donc pas dans les meilleures conditions que j’ai commencé ma lecture surtout que le sujet lui-même, tout compte fait,  ne me plaît pas plus que cela: des femmes de la même famille,  de l’arrière-grand-mère à l’arrière- petite-fille, se racontent tour à tour  quand elles vont chez Alice, l’esthéticienne de l’Eden, le salon de beauté de l’endroit.  Elles lui  confient  leurs peines et leurs joies  en même temps que leurs corps. Alice est exceptionnelle comme thérapeute et comme masseuse.  Silencieuse, douce, à l’écoute, c’est une source de bien être, du corps et de l’âme. Elle apaise.

 Depuis vingt ans, Alice masse des femmes et leur prodigue des soins de beauté. Depuis vingt ans, elle a touché des milliers de corps. Autant de confidences, souvent silencieuses, de celles dont la peau dit beaucoup de l’âme. 

Je craignais les clichés mais  j’ai  aimé l’écriture qui emporte tout le reste. Chaque cliente se raconte et le style s’adapte à l’âge de chacune, de Barbara, quatorze ans, rousse qui vire à l’orange l’été, l’ado révoltée,  à Jeanne qui s’éteint lentement, à quatre-vint quatorze ans dans sa maison de retraite, sans oublier Lili,  la grand-mère indigne, blond platine, qui  «guette encore le regard des hommes dans la rue»,  jusqu’à la petite dernière, Judith,  tout juste née.

Je sors la tête la première en un temps record. Au passage, je récupère l’herpès vaginal de maman. Mes parents s’extasient … après on s’étonne que l’on recherche les compliments toute sa vie.

Au centre du récit cependant, il y a Ève, l’absente, la mère qui n’a plus voulu vivre et dont on cherche la dernière lettre jamais retrouvée. Toutes ces femmes se situent par rapport à l’événement traumatisant de la famille: le suicide de la jeune mère de famille, la fille et petite fille, la sœur très aimée et aimante, celle dont on n’arrive pas à comprendre le geste brutal et définitif. Ce mystère empoisonne leur vie et toutes les confidences finissent par y renvoyer.

C’est un joli livre, une belle lecture de cette rentrée. J’ai beaucoup aimé. 

Les hommes meurent,  les femmes vieillissent, Isabelle DesesquellesRoman,  Belfond, août 2014, 224 p.

Nouvelle participation au challenge de Hérisson 4/6

challengerlentrée littéraire2014

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