Une journée à l’Abbaye des Vaux-de-Cernay, en vallée de Chevreuse et Ronsard: « Il ne faut espérer être parfait au monde. »

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Il ne faut espérer être parfait au monde;
Ce n’est que vent, fumée, une onde qui suit l’onde;
Ce qui était hier ne se voit aujourd’hui.
« Heureux, trois fois heureux qui au temps ne s’oblige,
Qui suit son naturel, et qui, sage, corrige, 
Ses fautes en vivant par les fautes d’autrui. »
 
 Ronsard
« Pour la fin d’une comédie »
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Découverte, hier, de l’ Abbaye des Vaux-de-Cernay,  en Vallée de Chevreuse, au beau milieu de la forêt de Rambouillet. Ce monastère cistercien du XIIe siècle a été détruit à la Révolution pour servir de carrière de pierres. Port Royal des Champs, non loin de là, lui avait été rattaché à sa fondation en 1204. Ce n’est plus aujourd’hui qu’un  endroit   transformé en hôtels et restaurants, de grande qualité, c’est vrai,  mais qu’on est loin de la spiritualité, des chants et du recueillement qu’on devait y trouver jadis!
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Ceci dit, c’est une adresse à recommander à tous les fins gourmets.
Abbaye des Vaux de Cernay
Une grande photo dans l’entrée rappelait le dernier mariage en date: celui de Macha Meril et de Michel Legrand!
Du monastère au mariage people! Ainsi va le monde.
Abbaye vaux de cernay mariage
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Victor Hugo, Swysen, ma BD du mercredi

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Une biographie de Victor Hugo sous forme de BD, quelle entreprise et quel courage pour  résumer une vie  aussi longue, aussi  mouvementée  et aussi bien remplie que celle de cet auteur qui a eu droit à un hommage national monumental à sa mort  et les honneurs du panthéon! Il a fallu deux années  à Bernard Swysen pour réaliser ce  travail ambitieux  très réussi!

Tout me semble satisfaisant: la lecture en est aisée,  les vignettes savent rester modestes, les citations ne sont pas négligées, les dessins me séduisent grâce à leur réalisme honnête, le tout mettant vraiment en valeur ce qui en fait l’essentiel à mes yeux:  après une  évocation aussi étoffée  de la vie du grand homme,  l’envie de mieux le connaître encore en continuant à découvrir de nouveaux ouvrages et à relire encore et toujours  ses poèmes. Evidemment c’est aussi la limite d’une telle entreprise,  ce petit côté didactique qui transparaît parfois mais c’est aussi sa force et j’aurais aimé  pouvoir m’en servir durant mes études, du moins dans un premier temps.
C’est un excellent travail et un bel hommage à un de nos plus grands auteurs. 
J’admire. 

Le manteau de Greta Garbo, Nelly Kaprièlian

le manteau de Greta Garbo et l'auteure

Le point de départ de ce  travail de 280 pages qui se dit roman mais qui, pour moi, n’est qu’un essai raté  n’est autre  que l’achat par l’auteur, journaliste  et critique littéraire, d’un manteau rouge  ayant appartenu àGreta Garbo lors de la vente aux enchères,  en décembre 2012, à Los Angeles,  de  la garde-robe  de l’icône la plus secrète de l’histoire du cinéma… Huit cents pièces.

 

 L’argument m’intéressait mais très vite, au bout de quelques  pages, le récit tourne  au bric-à-brac et part dans tous les sens. Je m’y suis perdue et  l’ai terminé en lecture rapide. Pourtant, une fois de plus,  la quatrième de couverture était alléchante, en affichant les questions auxquelles  le livre  souhaitait répondre. Les voici dans leur intégralité :

  •  Les vêtements d’une femme peuvent-ils raconter une vie, éclairer ses mystères ?
  • Pourquoi  Greta Garbo  achetait-elle des centaines de robes  alors qu’elle n’en portait aucune, ne se sentant bien que dans des tenues masculines ?
  • S’habille-t-on pour se travestir et se mettre en scène dans un rôle rêvé ?
  •  Pour donner une image de soi acceptable ou démentir une place assignée ?
  • Pour séduire ou pour déplaire ?
  • Se fondre dans une société ou s’y opposer ?
  • Quels désirs secrets et enfouis, quelles pulsions obscures et inavouables fondent notre goût, notre style ?
  • Et moi-même, pourquoi avais-je acheté lors de cette vente, le manteau rouge de Greta Garbo, alors qu’il n’était pas mon genre ?

Suit cet aveu : Ce qui devait être un essai s’est peu à peu mué en roman : les vêtements racontent ces fictions que sont nos identités et donnent à lire les narrations, souvent mystérieuses, que sont nos vies.

 

Beau programme!

Si seulement  la promesse avait été tenue d’en faire un roman, un récit,  pour retenir l’intérêt du lecteur par un vrai fil conducteur mais j’ai vite grimacé devant la bouillie que l’on m’offrait en fin de compte: tout un mélange d’anecdotes, de réflexions philosophiques, de souvenirs personnels, de retour à Greta Garbo, mais aussi une sorte de panorama d’actrices avec  leurs meilleures parures, leurs couturiers, leurs biographies, leurs solitudes, leurs postérités. On y trouve aussi de longues citations comme celle de l’interview de Jean-Jacques Schuhl  sur les travestis et le retour au religieux– tout ça pour conclure qu’on est en plein dans une crispation de l’identité   à l’époque actuelle.

Beaucoup de ces passages sont intéressants en eux-mêmes mais la lecture de l’ensemble m’a paru très fatigante.

Vraiment dommage!

Le billet de L’Irrégulière, pas plus convaincue que moi.
 

Le manteau de Greta Garbo, Nelly Kaprièlian, roman, Grasset,  septembre 2014,  286 p.

Greta Garbo

Bourbon Street, 1, 2, Charlot et Chabert, ma BD du mercredi

BD Bourbon Street Charlot et Chabert, 1BD bourbon street 2

Ce diptyque raconte l’histoire d’un quatuor de vieux musiciens de jazz de la  Nouvelle Orléans, qui après  avoir connu le succès dans les années quarante, essaie de  reconstituer leur groupe en 1997 pour s’exhiber à nouveau dans les  cabarets de leur ville mais Cornélius, leur trompettiste fétiche, ne veut plus jamais jouer depuis  la mort accidentelle  d’Angelina, la femme qu’il devait épouser. C’est lui le responsable du drame et c’est pourquoi il  a disparu pendant une cinquantaine d’années. Il faudra tout un concours de circonstances pour qu’il accepte de reprendre sa trompette, sous l’influence du fantôme d’Amstrong, revenu le soutenir.

C’est très beau, magnifiquement dessiné. J’aime cette ambiance  de jazz d’avant-guerre  souvent évoquée ici. Les détails  très réalistes évoquent bien l’ atmosphère d’alors dans cette ville torride et pauvre, gangrenée par le racisme le plus improbable mais d’une énergie à toute épreuve. Il ne me manquait que la musique mais le dernier album refermé, j’ai voulu écouter une fois encore les principaux standards d’Amstrong évoqués ici. Un beau moment.

Bourbon Street, Philippe Charlot, Alexis Chabert, 1, 2,
Les fantômes de Cornélius, Tournée d’adieux,
(Grand Angle, 2011/2012, 48p. – 48 p.)

L’écrivain national, Serge Joncour, roman de la rentrée littéraire 2014

Serge Joncour l'écrivain national

 Ce séjour promettait d’être calme. C’était même l’idée de départ, prendre du recul, faire un pas de côté hors du quotidien. En acceptant l’invitation, je ne courais aucun risque, la sinécure s’annonçait même idéale, un mois dans une région forestière et reculée, un mois dans une ville perdue avec juste ce qu’il faut de monde pour ne pas craindre d’être seul, tout en étant royalement retiré, ça semblait rêvé. 

Telle est l’intention de Serge, l’écrivain national,  en arrivant dans cette région du Morvan, où l’attendent le maire, un couple de  libraires et les lectrices du coin  pour y animer des ateliers d’écriture et participer à des rencontres  culturelles dont il serait le centre mais … pas une seconde je n’imaginais que le doux séjour puisse virer au cauchemar, pas une seconde je ne pouvais imaginer que tout bascule au point de sombrer dans la folie des pires dérèglements. Oui, sans ce fait-divers à quelques kilomètres de là, tout se serait parfaitement passé. 

Il y a de tout dans ce roman qui,  de récit pseudo biographique  sur la vie un peu morne mais parfois aussi loufoque  d’un auteur exhibé partout en  vedette locale, vire soudain au polar et devient même très sentimental à partir du moment où  l’écrivain voit la photo de Dora sur le journal local. Elle lui plaît immédiatement et avec elle,  tout s’embrase.  il en oublie sa mission d’auteur et arrive en retard et dans un état désastreux partout où il est attendu ce qui lui vaut peu à peu la méfiance,  la réprobation et jusqu’au sarcasme de ses fidèles admirateurs.  Il est sans cesse attiré par un coin  au plus profond de la forêt ténébreuse  où s’est déroulé le drame de la disparition d’un vieil homme riche que l’on soupçonne tué par ses locataires, ses seuls voisins dans cet endroit désert, deux jeunes émigrés de l’est. L’homme sur lequel on a retrouvé l’argent du vieillard est désormais en prison mais  l’autre, c’est  cette Dora, qui hante  les pensées de l’écrivain, malgré les nombreuses mises en garde qui lui sont faites.

Après un départ assez lent, c’est finalement avec un grand appétit de connaître le dénouement que j’ai continué cette lecture dont je  garderai sûrement  un bon souvenir. 

L’écrivain national, Serge Joncour, roman de la rentrée littéraire 2014
Lu aussi les billets de Cuné,  Clara,  Sandrine (Ys),  Eimelle, Yueyin,  L’Irrégulière,  Brize,  Alex, 
Rentrée littéraire 2014 chez Hérisson,

Ainsi soit Benoîte Groult, Catel,

BD Benoîte Groult, CatelBD benoite-groult

Quelle merveille, cet album graphique,

cette biographie dessinée d’une femme  que je connais un peu  grâce à son«Journal à quatre mains» écrit avec sa sœur Flora, et dernièrement avec « Mon évasion »,  un livre de souvenirs qui m’avait beaucoup plu également!

Ce que j’ai particulièrement aimé dans cette nouvelle  évocation de sa vie, c’est qu’elle est faite cette fois par une jeune  dessinatrice  très douée, tenace et convaincante qui réussit non seulement à briser (un peu) les préjugés  de son inspiratrice mais qui finit par entretenir avec elle un vrai climat de sympathie et de proximité. Elle ne se contente pas de retracer les moments forts de sa vie mais elle crayonne sans cesse sur le vif les portraits de ceux qui l’entourent et les  maisons et les lieux où vit son modèle

On est toujours à la fois dans le passé  et dans le présent de Benoîte Groult qui se révèle , une fois de plus, une personne très attachante et toujours pleine de projets.

C’est passionnant! Je l’ai lu presque d’une traite, malgré le nombre de pages, désolée de devoir arrêter  ma lecture par moments. De Catel, j’avais déjà lu les deux albums précédents: Kiki de Montparnasse et Olympe de Gouges mais celui –ci est encore meilleur, je trouve, plus spontané et plus personnel.  Un vrai chef d’œuvre !

Je me suis mise à la bande dessinée très tard dans ma vie – ce n’est pas vraiment de mon âge! 

Mais j’avais ressenti le coup de foudre de l’amitié dès ma première rencontre avec Catel Muller et je venais de lire d’une seule traite Kiki de Montparnasse, dont les personnages (peintres et écrivains pour la plupart) avaient été les amis de mes parents du temps où ils fréquentaient Montparnasse.  (Préface de Benoîte Groult)

A lire aussi, entre autres, les billets de  Canel,  Mior,   Cuné,  Theoma,  Cathulu,

Ainsi soit Benoîte Groult,  Catel, ma BD du mercredi
(Bernard Grasset, octobre 2013, 336 p.)

Les charmes de l’amitié, Charles de Saint-Évremond

Saint -Evremont les charmes de l'amitié
Il n’y a rien qui contribue davantage à la douceur de la vie que l’amitié; il n’y a rien qui en trouble plus le repos que les amis, si nous n’avons pas assez de discernement pour les bien choisir.
Les amis importuns font souhaiter des indifférents agréables.
Les difficiles nous donnent plus de peine par leur humeur qu’ils ne nous apportent d’utilité par leurs services.
Les impérieux nous tyrannisent: il faut haïr ce qu’ils haïssent, fût-il aimable; il faut aimer ce qu’ils aiment, quand nous le trouverions désagréable et fâcheux.
Les jaloux nous incommodent: ennemis de tous les conseils qu’ils ne nous donnent pas, chagrins du bien qui nous arrive sans leur entremise, joyeux et contents du mal qui nous vient par le ministère des autres. (p.55)
Mais, quelque honnêtes, quelque réglés que soient les amis, c’est une chose incommode que d’en avoir trop: nos soins partagés ne nous laissent ni assez d’application pour ce qui nous touche, ni assez d’attention pour ce qui regarde les autres.
Vivons pour peu de gens qui vivent pour nous, cherchons la commodité du commerce avec tout le monde , et le bien de nos affaires avec ceux qui peuvent nous servir. (p. 61)

Les charmes de l’amitié, Charles de Saint-Évremond
(La part commune, 3e trimestre 2014, 62 p.)

Ceux qui me restent, Damien Marie, Laurent Bonneau, ma BD du mercredi

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C’est un album magnifique sur un sujet douloureux puisque Florent, souffrant d’Alzheimer, est  en maison de retraite où il ne cesse de rechercher sa petite fille Lilie qu’il croit avoir perdue sur le Ferry le ramenant d’Angleterre,  après le décès de sa jeune femme. Lilie avait alors cinq ans. Ils se sont perdus par la suite mais désormais Lilie revient le voir chaque semaine sans que son père la reconnaisse.  Il poursuit indéfiniment la quête de sa petite fille dans son ciré jaune.

Tout est juste et saisissant dans ce roman graphique parfaitement maîtrisé. Les dessins de Laurent Bonneau y sont pour beaucoup Un grande réussite!

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Note BD pour le Top de Yaneck: 19/20

Ceux qui me restent,  Damien Marie, Laurent Bonneau,

 ma BD du mercredi (GrandAngle, 2014, Bamboo édition, 160 p.)

Canada, Richard Ford, Prix Femina étranger 2013

Canada richard ford prix femina étranger 2013

D’abord, je vais vous raconter le hold up que nos parents ont commis. Ensuite les meurtres, qui se sont produits plus tard. C’est le hold up qui compte le plus, parce qu’il a eu pour effet d’infléchir le cours de nos vies à ma sœur et à moi. Rien ne serait tout à fait compréhensible si je ne le racontais pas d’abord.  Nos parents étaient les dernières personnes qu’on aurait imaginées dévaliser une banque. Ce n’était pas des gens bizarres, des criminels repérables au premier coup d’œil. Personne n’aurait cru qu’ils allaient finir comme ils ont fini.  C’était des gens ordinaires, même si, bien sûr, cette idée est devenue caduque dès l’instant où ils ont bel et bien dévalisé une banque.

Ainsi, dès les premières lignes du roman on connaît l’intrigue de la moitié de l’histoire. Une famille heureuse dans le Montana,  les Parsons, avec deux ados de 15 ans, Dell et sa sœur jumelle.  Une famille comme les autres avec ses joies, ses rêves et ses contradictions. Soudain tout s’écroule lorsque, pour rembourser leurs dettes,  les parents décident de braquer une banque. Ils sont immédiatement retrouvés et emprisonnés. Ils ne se reverront jamais, si ce n’est le frère et la sœur une quarantaine d’années plus tard.

 C’est intéressant mais si le récit s’arrêtait là, je n’aurais que moyennement aimé. Heureusement, après avoir oublié ce début pendant vingt ans,  Richard Ford  l’a repris et la deuxième partie –  celle qui se déroule au Canada – est excellente. La lecture en  est devenue  si passionnante que j’y ai passé toute la nuit.

 Pour éviter le placement en orphelinat, Dell, selon les dernières volontés de sa mère,  franchit la frontière et se retrouve  au Canada, dans un village perdu du Saskatchewan.Il est  totalement seul, à la merci d’un personnage étrange et dangereux, sorti de Harvard mais criminel en fuite, devenu patron d’un hôtel de passe.

Il y fait son apprentissage, à la dure mais efficacement,

 Mais enfin pourquoi nous laissons-nous séduire  par des gens que nous sommes bien les seuls à croire honorables et intègres, quand autrui les voit dangereux et imprévisibles ?
Quel dommage que je me sois fait prendre dans les filets d’Arthur Reminger  sitôt après l’incarcération de mes parents ! Malgré tout, quand on se trouve mêlé à une vilaine histoire, quand des menaces planent, il est vital de se rendre compte qu’on est déjà passé par là et qu’on va se retrouver tout seul, à découvert dans le paysage, que la prudence est donc de mise.
Et moi, bien sûr, au lieu de manifester cette prudence, je me suis laissé « prendre en mains » par Arthur Reminger  et Florence La Blanc, comme si  c’était la conséquence la plus logique et la plus naturelle du plan de ma mère pour m’éloigner après sa catastrophe personnelle.

. Professeur heureux et époux comblé, par la suite, il évite le cynisme  en ouvrant au maximum son champ d’intérêt et en appliquant les bons conseils reçus: pratiquer la générosité, savoir durer, savoir accepter, se défausser, laisser le monde venir à soi – de tout ce bois, le feu d’une vie.

Un roman sombre et optimiste à la fois, que  j’ai beaucoup aimé.

 Voici la liste des livres étudiés avec ses élèves : des livres qui lui semblent secrètement traiter de ses jeunes années et qui le rendent heureux : Au cœur des ténèbres,  Gatsby le Magnifique, Un thé au Sahara, Les Aventures de Nick Adams,  Le Maître de Casterbridge, histoire d’un homme de caractère.

 Ma métaphore centrale est toujours le franchissement d’une frontière; l’adaptation, le franchissement progressif d’un mode de vie inopérant à un autre, fonctionnel, celui-là. Il s’agit parfois aussi d’une frontière qui, franchie, ne se repasse pas. 

Canada,  Richard Ford, Prix Femina étranger 2013

(Points, 2012/2013, traduit de l’anglais/États-Unis, par Josée Kamoun,  500 p.)

Passons passons puisque tout passe … Apollinaire et d’Ormesson,

Château de saint-fargeau

Passons passons puisque tout passe

Je me retournerai souvent

Les souvenirs sont cors de chasse

Dont meurt le bruit parmi le vent

Je m’ennuyais beaucoup. J’étais très heureux – et je ne m’en doutais pas. Chez nous!  Chez nous! Tout cela avait pris longtemps des allures d’éternité. Et tout cela était fini. 

   C’était l’époque, j’avais onze ans, douze ans, treize ans, où je découvrais Apollinaire se souvenant de l’Ecclésiaste. 
Jean d’Ormesson, de l’Académie française: Un jour je m’en irai sans en avoir tout dit  
(Chap. IV-  p. 24)

(Photo:  Château de Saint-Fargeau (Bourgogne) où est né et où a vécu Jean  d’Ormesson
À l’origine, Saint-Fargeau était un rendez-vous de chasse fortifié construit en 980 par Héribertévêque d’Auxerre, et fils naturel d’Hugues le Grand et donc frère naturel de Hugues Capet. (Wikipedia)