Une journée à l’Abbaye des Vaux-de-Cernay, en vallée de Chevreuse et Ronsard: « Il ne faut espérer être parfait au monde. »

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Il ne faut espérer être parfait au monde;
Ce n’est que vent, fumée, une onde qui suit l’onde;
Ce qui était hier ne se voit aujourd’hui.
« Heureux, trois fois heureux qui au temps ne s’oblige,
Qui suit son naturel, et qui, sage, corrige, 
Ses fautes en vivant par les fautes d’autrui. »
 
 Ronsard
« Pour la fin d’une comédie »
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Découverte, hier, de l’ Abbaye des Vaux-de-Cernay,  en Vallée de Chevreuse, au beau milieu de la forêt de Rambouillet. Ce monastère cistercien du XIIe siècle a été détruit à la Révolution pour servir de carrière de pierres. Port Royal des Champs, non loin de là, lui avait été rattaché à sa fondation en 1204. Ce n’est plus aujourd’hui qu’un  endroit   transformé en hôtels et restaurants, de grande qualité, c’est vrai,  mais qu’on est loin de la spiritualité, des chants et du recueillement qu’on devait y trouver jadis!
Abbaye-des-Vaux-de-Cernay-Vue-aerienne
Ceci dit, c’est une adresse à recommander à tous les fins gourmets.
Abbaye des Vaux de Cernay
Une grande photo dans l’entrée rappelait le dernier mariage en date: celui de Macha Meril et de Michel Legrand!
Du monastère au mariage people! Ainsi va le monde.
Abbaye vaux de cernay mariage

Passons passons puisque tout passe … Apollinaire et d’Ormesson,

Château de saint-fargeau

Passons passons puisque tout passe

Je me retournerai souvent

Les souvenirs sont cors de chasse

Dont meurt le bruit parmi le vent

Je m’ennuyais beaucoup. J’étais très heureux – et je ne m’en doutais pas. Chez nous!  Chez nous! Tout cela avait pris longtemps des allures d’éternité. Et tout cela était fini. 

   C’était l’époque, j’avais onze ans, douze ans, treize ans, où je découvrais Apollinaire se souvenant de l’Ecclésiaste. 
Jean d’Ormesson, de l’Académie française: Un jour je m’en irai sans en avoir tout dit  
(Chap. IV-  p. 24)

(Photo:  Château de Saint-Fargeau (Bourgogne) où est né et où a vécu Jean  d’Ormesson
À l’origine, Saint-Fargeau était un rendez-vous de chasse fortifié construit en 980 par Héribertévêque d’Auxerre, et fils naturel d’Hugues le Grand et donc frère naturel de Hugues Capet. (Wikipedia)

Zombies,T3, Précis de décomposition, Peru, Cholet,

 bd zombies 3
Il y a quatre ans, quand j’ai décidé de  lire des BD  tous les  mercredis pour combler mon retard en ce domaine,  je ne m’attendais pas à tomber  un jour sur  des histoires de  zombies, ces morts-vivants qui ne cherchent qu’à se nourrir d’êtres humains et qui me font si peur! Je n’ai d’ailleurs pas réussi à terminer Walking Dead,  la dernière  série  référence. Si j’en ai aimé le premier tome, je n’ai pas pu terminer le second malgré tous les bons billets que j’ai pu lire à son sujet.
Et pourtant voilà que je me replonge dans une histoire  presque  semblable, challenge Halloween de Hilde et Lou oblige  auquel j’ai décidé de participer. J’ai donc choisi ce que j’ai pu trouver à la bibliothèque , le dernier tome de la série Zombies de Peru et Cholet dont Yaneck a déjà bien parlé et qu’il apprécie tout en attendant la suite avec impatience puisque qu’une nouvelle série doit paraître  très bientôt
Heureusement pour moi, cette fois j’ai réussi à terminer l’album et même à m’attacher à certains personnages, les enfants en particulier  et puis surtout, ce n’est pas qu’une suite de carnages et d’images gores,  il y a aussi des moments d’espoir et d’entraide. On peut rester optimiste quant à l’avenir des humains , grâce en grande partie, à la science et aux petits génies précoces.
J’y ai vu aussi un rapprochement avec toutes nos angoisses actuelles concernant Ebola et les autres virus qui nous menacent régulièrement depuis quelque temps!
Ici, c’est une épidémie de zombies qui s’est abattue sur les Etats-Unis et les rescapés essaient  par tous les moyens de les fuir puisqu’une seule morsure les transforme à leur tour en morts vivants. Certains humains  cependant semblent pouvoir être immunisés.  De plus, les survivants ont découvert que les ultra-sons  éloignaient les zombies et les faisaient fuir. Clay, un surdoué de dix-sept ans,  Serge Lapointe, l’acteur dévoué  qui sait rassurer les gens, et quelques autres qui  se comportent,  eux aussi,  en héros positifs et courageux, cherchent à rejoindre  les autres groupes de survivants dans les coins du pays où il en reste encore.
Après des  pages et des pages d’événements  traumatisants, un bébé naît enfin qui se nourrit de  lait et non de sang  comme tous le craignaient.
«Espoir et Avenir …
Deux mots qu’on ne murmure qu’intérieurement,
Qu’on cache au fond de soi par peur qu’ils disparaissent.
Deux petits mots qu’on doit à ceux qui ne sont plus là …
Deux petits mots 
Pour que la mort n’ait pas le dernier mot.»
Une bonne expérience finalement, cette lecture!

Zombies, T3, Précis de décomposition,

Olivier Peru, Sophian Cholet

(Soleil Anticipation, nov. 2013, 58 p.)

Les grands, Sylvain Prudhomme

                                                Roman les grands sylvain prudhomme

Allongé près d’Esperança, la femme qu’il aime, un jour de 2012,  Couto, l’ancien musicien d’un groupe célèbre  des années 70 en Guinée Bissau, apprend  la mort  soudaine de Dulce, la chanteuse du groupe, son grand amour de jeunesse, celle  qui l’a quitté pour épouser Gomes, l’actuel dictateur du pays.

Pour tout le monde,  c’est un grand bouleversement et on revit le  prestigieux  passé du groupe avant de rassembler « les grands »,  ceux qui formaient le groupe  fameux des Super Mama djombo,  pour un dernier hommage d’enfer à la chanteuse mythique !

Commencé dans les rues de la capitale, dans la chaleur, la soif, la misère et  la tristesse de  cette perte, le récit montera en puissance avec  les souvenirs de trente ans de musique à travers le monde  et des succès qui reviennent en force.  Tandis qu’un coup d’état se prépare, que les forces de police sillonnent la ville, et que des coups de feu éclatent, les jeunes et les musiciens présents et lointains, les exilés comme les autres, tous n’ont plus qu’un seul désir et qu’un seul but: le concert de Chiringuitó. Ce sera magique !

Je quitte ce livre enchantée et tellement triste aussi , avec une nostalgie infinie. C’est la saudade.  Ça serre le cœur!   C’est magnifique! 

Son haut et sa jupe étaient là, par terre, à côté de leurs slips abandonnés sur le lino. Affaissés, dérisoires. Boules de linge informes.

Elle savait comme lui ce que signifiait la disparition de Dulce. Quelle patience il leur faudrait  à tous les deux avant que la nouvelle de cette mort se retire d’entre eux, s’estompe, les laisse à nouveau l’un à l’autre. Et il n’y avait rien à faire qu’attendre.Cette diablesse de femme que tu aimeras toujours, disait-elle en riant les fois où passait une chanson de Dulce à la radio. Cette ensorceleuse contre laquelle je ne pourrai jamais rien. La voix de Dulce ruisselait dans la pièce, planait entre les murs autour d’eux, enfantine, pleine de grâce. 

Né en 1979, Sylvain Prudhomme construit depuis quelques années une œuvre littéraire ouverte sur le monde. L’Afrique contemporaine où il a longtemps vécu et travaillé est une des sources d’inspiration principale de ses derniers livres et reportages.

Ce livre fait partie de la sélection  du Grand Prix de l’Académie française,(décerné le 30 octobre)
et de celle du Femina (le 4 novembre)
Les grands, Sylvain Prudhomme ( Coll. L’Arbalète, Gallimard, septembre 2014, 252 pages)

Challenge littéraire 2014 chez Hérisson  9/12

Joyce Maynard, L’homme de la montagne

Joyce Maynard L'homme de la montagneJoyce Maynard

Il y a un peu plus de trente ans, un jour de juin au coucher de soleil – sur un versant de montagne dans le Marin County, Californie -, un homme s’est approché de moi, tenant dans ses mains un bout de corde à piano, avec l’intention de mettre fin à mes jours. J’avais quatorze ans et il avait déjà tué beaucoup d’autres filles. Depuis ce jour, je sais ce que signifie regarder un homme dans les yeux en se disant que son visage est la dernière chose que l’on verra jamais.C’est à ma sœur que je dois d’être ici pour raconter ce qui s’est passé ce soir-là. Par deux fois ma sœur m’a sauvée, alors que moi, je n’ai pas pu la sauve.Voici notre histoire. ( Prologue, p. 11)

Cette histoire justement, c’est celle de Rachel et de Patty, deux sœurs qui s’adorent malgré leurs différences: Patty, la plus jeune, est douée pour le sport, Rachel, la narratrice deviendra écrivain et c’est en tant que telle, une trentaine d’années après les faits  de cette fameuse année 1979, en Californie, qu’elle raconte les meurtres horribles du serial killer de la montagne, poursuivi par leur père, l’inspecteur de police  Torricelli. Plus rien ne sera pareil ensuite, pour elle et sa famille mais l’histoire ne s’arrête pas là puisque la traque de l’assassin ne cessera qu’à la suite de la parution du roman où elle raconte les crimes de celui qui restera connu comme l’Étrangleur du crépuscule.

Ce que j’ai surtout aimé, ce n’est pas le côté policier du roman qui reste secondaire,  mais les liens très fusionnels  entre les sœurs, suite au divorce de leurs parents, distendus cependant quand l’aînée réussit à faire partie de la bande du lycée, la popularité acquise par son père pour ses enquêtes et ses passages à la télévision y étant pour beaucoup. C’est que son père est beau, charmant, sexy et volage tandis que sa mère passe son temps à lire et à se morfondre.

Ce n’est pas un coup de cœur mais c’est un roman très agréable pour les raisons qui me sont très claires maintenant concernant mes préférences pour des lectures distrayantes et faciles.

– Le côté « qui fait peur »  est mis en sourdine bien qu’au cœur de l’intrigue: ( ici, les crimes en cascade par l’homme de la montagne) – Le suspense n’est que moyen, sauf lors d’un passage où j’ai soudain soupçonné le père lui-même.

– L’histoire familiale est plus évoquée que fouillée, voire autopsiée comme si souvent! C’est juste un père trop charmant et charmeur qui oublie de plus en plus souvent de  rentrer chez lui, ce qui cause des ravages évidemment chez sa femme et ses filles.

De nous deux, c’était Patty qui jetait un regard sans concession sur notre père et parlait de lui durement quand elle pensait qu’il faisait souffrir notre mère. Sur certaines choses – par exemple le fait qu’il conduisait une Alfa mais n’avait jamais assez d’argent pour permettre à Patty de se faire arranger ses dents, elle ne disait rien. Mais elle lui reprochait de plus en plus  son incapacité à aider financièrement notre mère et nous et, surtout, ses promesses réitérées de venir nous voir, qu’il ne tenait jamais. Tout en n’abandonnant pourtant pas l’espoir qu’il assisterait un jour, d’un bout à l’autre, à l’un de ses matches de basket.

  – Il est tellement  occupé par son job, disais-je.

  – Tu l’excuses tout le temps.

  – Et toi, tu es méchante.

Je l’aime, protesta-telle. Mais c’est un perdant.

–  Le meilleur du roman  pour moi, cependant,  restera l’analyse  de l’adolescence de ces deux jeunes filles à cette époque et à  cet endroit-là. C’est finement évoqué, sans lourdeur,  avec le ton juste et la  légèreté qui conviennent dans un contexte suffisamment pesant et dramatique par ailleurs!

Un bon choix de lecture. A conseiller!

Joyce Maynard, L’homme de la montagne
(Philippe Rey, roman, août 2014, 320 pages)
After Her, 2013) Traduit de l’anglais (États-Unis) par Françoise Adelstain
challengerlentrée littéraire2014

Zouk, 1, une sorcière au grand cœur, Serge Bloch, Nicolas Hubesch, ma BD du mercredi, Challenge Halloween,

BD du mercredi noirBD du mercredi rouge (2)BD du mercredi  Mango bleu 4BD du mercredi Mango Vert 3

challenge Halloween 2014Challenge mercredi fantastique

BD Zouk, 1, Une sorcière au grand coeurBD Zouk, 2; Danger public

J’adore cette petite sorcière au grand cœur depuis que je l’ai découverte grâce au challenge de Lou et Hilde et ça tombe bien pour mes lectures  à voix haute du soir puisque c’est une série qui intéresse toutes les petites sorcières à partir de trois ans. C’est juste la tranche d’âge qui m’intéresse et la demoiselle rit autant que moi,  depuis une semaine,  aux aventures de  Zouk et de sa famille de sorciers qui vivent dans une très grande ville du bout du monde, dans une toute petite maison entourée de gratte-ciel. Elle vit là avec son papa, Saluléga,  sa maman Salsepareille et ses deux amis, Noyau, le chat et monsieur Potiron. Elle a aussi une baguette magique dont elle ne sait pas encore  très bien se servir car elle oublie les formules magiques., ce qui provoque bien des ennuis.

Elle se déplace dans les airs sur son manche à balai, comme il se doit, protège tous les animaux  abandonnés, transformant sa maison en arche de Noé, ce qui fâche sa jolie maman car ils font plein de dégâts. Zouk alors promet de ne plus recommencer jusqu’à la prochaine fois.

C’est une succession de petites histoires  comme ça, qui semblent prises sur le vif. Les dessins sont très agréables, avec suffisamment de détails pour qu’on puisse s’y arrêter et la séance de lecture s’allonge ainsi de réflexions en étonnements et éclats de rire.

Les histoires sont courtes mais très variées. Dans le premier tome, par exemple on y trouve même une adaptation de La petite fille aux allumettes.

Naturellement, la dernière a eu tant  de succès que j’ai dû la relire et la commenter une seconde fois. Il s’agissait  de Zoukrencontrant le Père Noël au milieu des guirlandes d’araignées dans sa chambre où elle avait aussi accroché des boules de chauve-souris pour faire encore plus joli! Rires feutrés assurés. On ne se sent  quand même pas tout à fait en sécurité!

Comme il y a déjà dix tomes dans la série, on en a pour longtemps encore à découvrir  cette petite sorcière de Zouk, presque devenue une amie.

BD Zouk,nono le zigotoBD zouk la petite sorcière

Zouk, 1, Une sorcière au grand cœur, 2011
Zouk, 2, Danger public
Zouk, 3, Une sorcière à l’école
Zouk, 5, La sorcière qui rêvait d’être princesse
Zouk, 6,Nono, le zigoto
Zouk, 7, Sorcière de mère en fille
zouk, 8, Secrets de sorcière
Zouk, 9, Sage comme une sorcière
Zouk, 10,L’amitié, c’est magique, ( dernier paru: août 2014)
Serge Bloch, Nicolas Hubesch,
Bayard Jeunesse, dès 3 ans. ,

« Je ne te quitterai plus », Eluard – « Jamais la mer ne se retire », Ange Leccia – Champs d’amours », Jean-Michel Pancin, Palais de Tokyo, Exposition,

Peintre Ange Leccia Jamais la mer ne se retire, 2014

(Ange Leccia, Jamais la mer ne se retire,  2014, video  Palais de Tokyo)

Air vif

J’ai regardé devant moi
Dans la foule je t’ai vue
Parmi les blés je t’ai vue
Sous un arbre je t’ai vue

Au bout de tous mes voyages
Au fond de tous mes tourments
Au tournant de tous les rires
Sortant de l’eau et du feu

L’été l’hiver je t’ai vue
Dans ma maison je t’ai vue
Entre mes bras je t’ai vue
Dans mes rêves je t’ai vue

Je ne te quitterai plus.

Paul Eluard

Derniers poèmes d’amour

Peintre, Jean-Michel Pancin, « Champs d’amours », 2010-2011.

Jean-Michel Pancin, «Champs d’amours», 2010-2011.(Palais de Tokyo)

Ce lundi, je lis …Iris & Lou, de Coralie Clément et Gesa Hansen

iris & lou

J’ai découvert un bel album pour enfants que j’écoute en boucle dans la voiture, autant dire une bonne partie de la journée tellement je dois faire de navettes en ce moment, mon petit bout de chou très attentive à l’arrière, avec ses: « Encore! Encore! » quand le disque se termine.
C’est un adorable livre /CD qui me plaît bien à moi aussi. Les voix des créatrices, qui sont lectrices et chanteuses, tour à tour, sont un enchantement et je me suis très vite surprise à fredonner les chansons.
L’histoire et les dessins sont des plus simples mais tous les enfants de trois ans et plus s’y reconnaissent sans difficultés et s’identifient facilement aux deux petites amies, Iris et Lou.

Celles-ci s’ennuient chez elles, un beau jour d’automne et la maman d’Iris téléphone à celle de Lou pour inviter sa fille à venir jouer avec la sienne. Ensemble, elles s’amusent toujours bien. Elles dansent, chantent, se déguisent, passent une bonne journée mais elles se disputent aussi. C’est à qui sera la fée. Iris prétend que le rôle est pour elle puisque les ailes lui appartiennent et Lou pleure mais la maman présente intervient et trouve la solution pour les réconcilier.

Le récit est entrecoupé de deux jolies chansons interprétées par Coralie Clément (la sœur de Benjamin Biolay?) et par la dessinatrice Gesa Hansen dont les belles voix cristallines s’accordent très joliment.

«Il arrive qu’on ait les mêmes envies
Quand on est amies
On rit de tout
Même des soucis
Mais quand on est amies
La magie c’est qu’on est heureux
De tout partager,
Car c’est ça, l’amitié.»

C’est juste ce que j’ai envie de bien faire comprendre à ma petite, pas encore très partageuse, avec ses «c’est à moi!» constants, quand elle est au parc, en ces fins de journée ensoleillées et qu’on lui prend son seau ou sa pelle mais qui, elle, ne se prive pas d’être attirée à son tour par les jouets des autres!

Un joli petit album/CD à lire et écouter!
Iris & Lou, Coralie Clément, Gesa Hansen
naïve Livres,
2014
Album jeunesse à partir de 3 ans, inclus 1 CD, 36 pages.

Eve sur la balançoire, Conte cruel de Manhattan, Nathalie Ferlut, ma BD du mercredi

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Ce « conte cruel de Manhattan » évoque la vie tragique de Florence Evelyn Nesbit, (1884/1967), la première pin-up américaine. qui se rendit célèbre de 1901 à 1915, connut un procès retentissant et mourut dans l’anonymat.

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Pendant les premières années du siècle, elle fut l’idéal féminin de la Belle Epoque new yorkaise, très recherchée et très courtisée. C’est elle qui raconte son histoire. alors que, jeune adolescente insouciante, elle séduit les hommes par sa beauté tandis qu’elle ne rêve que de théâtre.
Amoureuse de l’acteur John Barrymore, elle devra rompre cette idylle car sa mère, en vraie maquerelle, la pousse dans les bras de Harry Thaw, un homme très riche, héritier d’une fortune amassée dans le chemin de fer. Il deviendra son mari et plus tard l’assassin de son amant Stanford White, un architecte de renom. La suite est très sombre, à commencer par le procès.

J’ai beaucoup aimé le graphisme et les couleurs chatoyantes des aquarelles qui composent ce one-shot biographique, un peu moins l’histoire elle-même, somme toute relativement prévisible. Les personnages sont presque tous antipathiques, surtout la mère de l’héroïne qui ne pense qu’à exploiter la beauté de sa fille.

J’ai cependant beaucoup apprécié cet album d’une grande variété dans les couleurs et la disposition des planches. C’est un régal pour les yeux et après tout c’est ce que j’attends d’un roman graphique: que le dessin et les couleurs soient beaux. L’histoire est secondaire pour moi. Les romans de type classique sont là pour ça!

Cette année encore, je participerai au challenge Halloween de Hilde et Lou, qui se déroulera du premier septembre au 5 octobre.
Je les suivrai à bord de leur vaisseau fantôme avec des albums dignes d’Halloween, j’espère, même s’ils ne sont pas des plus faciles à dénicher dans les bibliothèques que je fréquente mais où je finis toujours par trouver des pépites.
Serez-vous nombreux à y participer avec moi?

challenge Halloween 2014

Le vent de Pierre Emmanuel, poème du dimanche

boudin eugène,nuagesblancscielbleuvers1854-1859

Le vent

Laisse aller la parole
Avec le vent
Ne souffle pas dans le vent
Ce n’est pas toi qui le portes
Il vient de plus loin que toi
Le temps qu’il frôle ton épaule
Il est déjà loin de toi

 

Ce n’est pas toi qui plantes la graine

– La planterais-tu dans la mer ?

La planterais-tu dans le nuage ?

La planterais-tu dans le vent ?

Ne dis pas : « Je te parle, écoute »
Cet autre n’est pas ton champ
Le vent laboure où il veut
Peut-être en l’autre
Peut-être en toi
Ni toi ni l’autre ne savez
Qui parle qui écoute l’autre

Seul circule entre vous le vent
 (Visage nuage)

Pierre Emmanuel

Pseudonyme de Noël Mathieu (1916-1984)  Pierre Emmanuel fut élu à l’Académie française le 25 avril 1968, par 16 voix au quatrième tour, au fauteuil du maréchal Juin. Il fut reçu le 5 juin 1969 par Wladimir d’Ormesson. En 1975, Pierre Emmanuel se déclarait « démissionnaire » de l’Académie, pour protester contre l’élection de Félicien Marceau. (site de l’Académie)

Eugène Boudin:  Nuages blancs, ciel bleu vers 1854-1859,  Honfleur musée Eugène Boudin

A ma fille, Victor Hugo

Vlado-Kristl

Nul n’est heureux et nul n’est triomphant.
L’heure est pour tous une chose incomplète;
L’heure est une ombre, et notre vie, enfant,
En est faite.

Oui, de leur sort tous les hommes sont las.
Pour être heureux, à tous, — destin morose ! —
Tout a manqué. Tout, c’est-à-dire, hélas !
Peu de chose.

Ce peu de chose est ce que, pour sa part,
Dans l’univers chacun cherche et désire:
Un mot, un nom, un peu d’or, un regard,
Un sourire !

La gaîté manque au grand roi sans amours
La goutte d’eau manque au désert immense.
L’homme est un puits où le vide toujours
Recommence.

Vois ces penseurs que nous divinisons,
Vois ces héros dont les fronts nous dominent,
Noms dont toujours nos sombres horizons
S’illuminent!

Après avoir, comme fait un flambeau
Ébloui tout de leurs rayons sans nombre,
Ils sont allés chercher dans le tombeau
Un peu d’ombre.

Paris, octobre 1842
Les Contemplations,
Livre premier
Aurore
I
A ma fille

Victor Hugo (Besançon, 1802 – Paris, 1885)

Vlado Kristl (Zagreb, 1923 – Munich, 2003), artiste croate

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