Ce lundi, je lis …Iris & Lou, de Coralie Clément et Gesa Hansen

iris & lou

J’ai découvert un bel album pour enfants que j’écoute en boucle dans la voiture, autant dire une bonne partie de la journée tellement je dois faire de navettes en ce moment, mon petit bout de chou très attentive à l’arrière, avec ses: « Encore! Encore! » quand le disque se termine.
C’est un adorable livre /CD qui me plaît bien à moi aussi. Les voix des créatrices, qui sont lectrices et chanteuses, tour à tour, sont un enchantement et je me suis très vite surprise à fredonner les chansons.
L’histoire et les dessins sont des plus simples mais tous les enfants de trois ans et plus s’y reconnaissent sans difficultés et s’identifient facilement aux deux petites amies, Iris et Lou.

Celles-ci s’ennuient chez elles, un beau jour d’automne et la maman d’Iris téléphone à celle de Lou pour inviter sa fille à venir jouer avec la sienne. Ensemble, elles s’amusent toujours bien. Elles dansent, chantent, se déguisent, passent une bonne journée mais elles se disputent aussi. C’est à qui sera la fée. Iris prétend que le rôle est pour elle puisque les ailes lui appartiennent et Lou pleure mais la maman présente intervient et trouve la solution pour les réconcilier.

Le récit est entrecoupé de deux jolies chansons interprétées par Coralie Clément (la sœur de Benjamin Biolay?) et par la dessinatrice Gesa Hansen dont les belles voix cristallines s’accordent très joliment.

«Il arrive qu’on ait les mêmes envies
Quand on est amies
On rit de tout
Même des soucis
Mais quand on est amies
La magie c’est qu’on est heureux
De tout partager,
Car c’est ça, l’amitié.»

C’est juste ce que j’ai envie de bien faire comprendre à ma petite, pas encore très partageuse, avec ses «c’est à moi!» constants, quand elle est au parc, en ces fins de journée ensoleillées et qu’on lui prend son seau ou sa pelle mais qui, elle, ne se prive pas d’être attirée à son tour par les jouets des autres!

Un joli petit album/CD à lire et écouter!
Iris & Lou, Coralie Clément, Gesa Hansen
naïve Livres,
2014
Album jeunesse à partir de 3 ans, inclus 1 CD, 36 pages.

Haruki Murakami, L’incolore Tsukuru Yazaki et ses années de pèlerinage

haruki Murakami L'incolore
Tsukuru Tazaki, le héros du pèlerinage dont il est question dans le titre, se juge lui-même d’une grande banalité car, contrairement aux noms de famille de ses quatre amis de lycée qui renvoient tous à des noms de couleur, le sien fait exception. Ses amis, deux filles et deux garçons, rebaptisés Rouge, Bleu, Blanche et Noire, vivaient comme lui à Nagoya où ils sont restés tout le temps de leurs études mais, là encore, Tazaki s’est différencié en choisissant l’université de Tokyo, seul endroit où il pouvait suivre sa passion pour la construction de gares ferroviaires. Cependant il revenait chaque vacances les retrouver dans leur ville natale jusqu’au jour où ils lui demandèrent de ne plus jamais les voir. Il ne sut jamais pourquoi mais sa vie fut à jamais bouleversée par cette si abrupte et mystérieuse rupture.

Depuis le mois de juillet de sa deuxième année d’université jusqu’au mois de janvier de l’année suivante, Tsukaru Tazaki vécut en pensant presque exclusivement à la mort.Son vingtième anniversaire survint durant cette période mais cette date n’eut pour lui aucune signification particulière. Pendant tout ce temps, il estima que le plus naturel et le plus logique était qu’il mette un terme à son existence. (Premières phrases)

Enfin, après seize années de vie très solitaire, étant tombé amoureux de Sara, une jeune femme un peu plus âgée, celle-ci le persuade de rechercher les raisons de son exclusion. C’est ainsi qu’il entreprend un véritable pèlerinage et une longue enquête pour retrouver chaque membre du groupe, ce qui le conduit du Japon jusqu’en Finlande, avec sans cesse en arrière plan la musique de Liszt. Il ira de découverte en étonnement et son passé prendra une toute autre couleur dès lors qu’une partie de la vérité lui sera dévoilée mais sait-on jamais tout sur soi?

Même si l’on peut dissimuler ses souvenirs, on ne peut pas changer l’histoire.

J’ai trouvé ce livre passionnant. J’aime beaucoup cet auteur dont j’ai déjà lu trois romans mais c’est celui-ci que je préfère. Il est plus épuré, plus simple, plus lumineux. Il parle de ce que tout le monde peut ressentir dans les moments sombres de son existence: la solitude, la perte de l’amitié ou de l’amour, le manque de confiance en soi, le doute, l’isolement, la dépression, l’amour, le renouveau, le regain d’énergie, la quête des secrets du passé, les violences au quotidien mais aussi le viol, le crime, la foule, l’anonymat, bref, tous les grands sujets des grands romans.
Un excellent moment de lecture!

Haruki Murakami, L’incolore Tsukuru Yazaki et ses années de pèlerinage
Traduit du japonais par Hélène Morita
Roman, Belfond, 2014, 368 pages

Challenge de Hérisson: 6/6

Il pleuvait des oiseaux, Jocelyne Saucier

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Rien, rien, rien, ne me laissait présager que ce roman québécois serait un tel coup de cœur pour moi, en ce moment,  alors même que je ne recherchais que des livres  pour cette  Rentrée 2014, mais heureusement une très aimable libraire m’a conseillé celui-ci comme étant un vrai bijou et j’ai bien fait de lui faire confiance, d’autant plus que je découvre ce matin qu’il pourra figurer sur la liste du Défi Québec-O-Trésors que  Karine vient de lancer.

Je m’aperçois également que de très nombreuses blogueuses l’ont déjà lu, ce livre,  et que leurs billets sont tous enthousiastes et admiratifs. Et dire que je ne connaissais pas encore son existence!  Je crois que bien davantage  que le résumé qui figure sur la quatrième de couverture qui m’a surtout fait penser à un roman, genre « Nature Writing » – ce dont s’est défendue l’auteur dans une interview –  c’est surtout le joli titre qui m’a décidée:

«Il pleuvait des oiseaux», c’est déjà beau en soi mais  il s’avère très vite, dès les premières pages, que ce n’est pas un titre poétique puisque c’est la triste vérité d’un drame trop méconnu qui a eu lieu en 1916, dans le nord de l’Ontario, où se déroule justement l’action. Ce sont les Grands feux de Matheson.     » La catastrophe emporta 223 personnes, dont des familles entières. L’incendie fut l’un des pires de l’histoire canadienne. »

Dès les premières lignes la trame du récit nous est donnée, ce qui prouve que l’essentiel est ailleurs dans les interstices, l’intime, ce qui se ressent plus que ce qui arrive.

Où il sera question de trois disparus, d’un pacte de mort qui donne son sel à la vie, du puissant appel de la forêt et de l’amour qui donne aussi son prix à la vie.  (…) 

L’histoire est celle de trois vieillards qui ont choisi de disparaître en forêt.Trois êtres épris de liberté

 -La liberté, c’est de choisir sa vie.

– Et sa mort.

 C’est ce que Tom et Charlie disent à leur visiteuse. A eux deux ils font presque deux siècles (…)

Le troisième ne parle plus . Il vient de mourir (…)

Ted ou Ed ou Edward, la versatilité du prénom de cet homme et l’inconsisteance de son destin hanteront tout le récit. ( Il s’agit de Boychuck, le peintre, le rescapé de l’incendie, celui qui courait, aveugle, sur les braises, l’amour fou des jumelles, ces deux filles splendides  qui le virent ce jour-là et le cherchèrent toute leur vie …)

La visiteuse est la photographe et n’a pas encore de nom.

Et l’amour? Eh bien il faudra attendre pour l’amour. 

Marie Desneiges, difficile de l’oublier, celle-là! Quel destin!  Et puis arriveront Steve et Bruno, les camarades qui les aident à tenir,  et le chat, les chiens, les loups, la police, la fuite,  l’exposition de peintures et tout le reste. Des pages entières si belles que je voudrais les recopier. Le temps trop court, la vie trop longue, la liberté choisie pour les derniers moments, la vie si  dure mais si libre en forêt, le froid, la solitude, la mort toute proche qui rend plus libre encore,  et l’amitié, l’amour, l’entraide, l’art, la création…jusqu’à la fin, terrible, jusqu’au bout.

C’est un pur émerveillement, ce roman.  Je comprends pourquoi il a reçu tous ces Prix et ces éloges dans ces billets, tous unanimes et positifs d‘Aifelle, Clara, Cathulu, Karine, Lewerentz, Sylire, Antigone, et ce matinencore, paru  en même temps que le mien, celui de Gambadou,

Il pleuvait des oiseaux, Jocelyne Saucier

(Denoël,  roman, 2013, 204 p.)

Pétronille, Amélie Nothomb

Amélie nothomb pétronille

Ouf ! La rentrée littéraire est bel et bien commencée. Je ne sais pas pourquoi mais je l’ai attendue avec plus d’impatience que d’habitude. Le temps pluvieux de cet été sans doute !

J’ai donc fait mon petit tour à la librairie voisine et j’ai été plutôt généreuse avec moi-même puisque j’en suis ressortie avec une bonne dizaine de livres tous nés de la dernière pluie. Il faut dire que la responsable, flairant la crise de boulimie chez moi a su me convaincre d’emporter aussi ses propres coups de cœur dont je n’avais pas encore entendu parler et qui n’étaient évidemment pas sur ma liste, ce qui a alourdi mon bagage, à la sortie. Je ne serai cependant déçue que s’ils ne sont pas à la hauteur des autres que tout le monde se plaît déjà à encenser. Place donc à la découverte.

Je commence prudemment avec ma chouchoute de toujours. Je suis une inconditionnelle de Nothomb depuis ses premiers livres et si j’en préfère certains, le plaisir a toujours été là : elle m’enchante. Je la trouve exquise! Je l’aime, elle, ses costumes, ses souvenirs, ses bonheurs, ses malheurs, ses jolies manières, ses folies et ses petits romans annuels, (petits seulement par le nombre de pages). C’est toujours trop court pour moi.

Comme de nombreux articles sont déjà sortis qui ont tout dit de l’histoire et de ses à-côtés biographiques, je signale simplement les très bons billets de quelques blogueuses que je connais, aussi enchantées que moi par ce dernier titre et je me contente de recopier mes commentaires.

L’Irrégulière:

Je commence par te lire et écrire ce commentaire avant de publier mon billet. Je suis encore sur le coup de ma lecture que je viens tout juste de terminer et je suis en accord total avec toi. C’est gai, brillant et pétillant, émouvant aussi à la fin (mais je n’aime pas trop celle-ci, seul bémol cette fois!)

Valou076:

Je viens de le terminer et je m’apprête à écrire mon billet. Chaque année, c’est aussi par elle que je commence la rentrée. J’ai aimé une fois encore . J’ai ri à plusieurs reprises. J’y ai retrouvé sa petite musique et ses surprises. Seule la fin m’a un peu déçue mais bon pour moi, contrat annuel rempli. Il y a tellement pire et plus prétentieux!

Ankya:

Je viens de refermer ce livre et comme toi je l’ai aimé avec un petit bémol aussi pour la fin mais ce n’est rien puisque le reste est très réussi. J’ai beaucoup ri par moments. je m’aperçois que je suis de plus en plus sensible à son humour!

Jostein,

A peine terminé et j’en souris encore. Heureuse d’avoir retrouvé mon plaisir annuel à la lecture de la nouvelle cuvée. C’est une rentrée qui s’annonce bien.

J’espère n’avoir oublié aucun blog ami dans cette récapitulation!
Merci Amélie de me réjouir autant à chaque nouvelle Rentrée!

Pétronille, Amélie Nothomb
Albin Michel, 20/08/2014, 180 p.

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