Maine, J. Courtney Sullivan

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Après avoir beaucoup aimé Les débutantes, le premier roman de J. Courtney Sullivan,  c’est avec un grand plaisir que j’ai lu  Maine,  son  second ouvrage et que je lirai  le troisième qui vient de sortir: Les liens du mariage. J’aime les thèmes choisis, le style et les  personnages.
Cette  histoire de famille sur trois générations,  autour d’une belle propriété familiale de vacances, à Cape Neddick, dans le Maine, m’a passionnée.
Au départ comme à la fin,  il y a Alice, la mère et la grand-mère qui accueille  tour à tour chaque été ses enfants et petits enfants  dans sa maison si convoitée. A quatre-vingt-trois ans, veuve et solitaire pendant le reste de l’année, elle s’est rapprochée du jeune père Donnelly, très dévoué à la paroisse auquel elle vient de léguer toute sa propriété sans même avertir ses enfants. Les fermetures de plusieurs églises voisines l’ayant bouleversée, elle espère ainsi contribuer  à sauver la sienne.
C’est l’intrigue principale qui se déroule du mois de mai au moment où cette décision a été prise jusqu’au 15 août suivant, jour de l’Assomption quand Alice, la mauvaise mère, la belle méchante agaçante personne se retrouve seule à prier dans son église.
Entre temps on aura connu et suivi les vies de ses enfants, essentiellement   celles de Kathleen, sa fille mal aimée qui vit loin d’elle, avec son second mari, dans sa ferme d’élevage de  vers de terre,  Maggie, la fille de celle-ci, la douce  qui pleure le départ de son ami, enceinte d’un enfant qu’elle décide de garder, celle aussi de Ann Marie, sa belle fille, l’impeccable,  l’irréprochable, qui s’occupe de tout et de tous et qui vient d’être choisie pour la finale des Maisons de poupées, ce dont elle est très fière.
On se doute bien que la découverte de la perte de la maison  et du cottage du Maine où ils aimaient se retrouver chaque été aura des conséquences terribles pour chacun d’entre eux et on attend avec impatience leurs retrouvailles. L’attente est longue un peu trop parfois mais rien n’aurait pu m’empêcher d’aller jusqu’au dénouement, cette famille étant presque devenue la mienne le temps de ma lecture. De surprises  en révélations sur les uns et les autres, je n’ai vraiment pas été déçue.
J’ai aimé. Beaucoup
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Maine, J. Courtney Sullivan
Camille Lavacourttraductrice
Poche, 2011, 600 p. Date de parution: 30/4/2014
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Deuxième participation au challenge de Bianca: Un pavé par mois
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Loving Frank, Nancy Horan

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Je termine ce livre  bouleversée après être passée par toute la gamme possible des réactions d’une lectrice lambda qui, tout en connaissant l’architecte Frank Lloyd Wright et ses belles réalisations, ignorait tout de sa vie privée. Autant dire que  je suis passée par bien des émotions  durant la lecture de ces 540 pages (Buchet/Chastel éd.). Tout d’abord, j’ai failli abandonner dès la première partie  tellement l’histoire de l’infidélité du couple Frank Lloyd Wright et Mamah  Borthwick Chesney, chacun marié de son côté avec 9 enfants à eux deux, me semblait convenue et  désormais banale mais l’intérêt est venu dès leur fuite en Europe et s’est accru avec la rencontre entre Mamah et la féministe suédoise  Ellen Key  dont elle voulait devenir la traductrice au point de ne pas suivre son  amant lors de son retour en Amérique. Quant à la troisième partie,  le divorce de Mamah  et les retrouvailles avec ses enfants, la construction de Taliesin, leur maison commune à elle et  Frank mais près de la famille de celui-ci et la fin surtout, je l’ai trouvée d’une grande intensité dramatique. J’ai avalé ce récit, le cœur battant,  d’autant plus que je savais l’histoire  vraie  puisque,  comme journaliste, la romancière avait fait de sérieuses recherches avant de se lancer dans son récit.

La grandeur de ce roman tient avant tout pour moi au fait que ce ne soit pas une simple histoire d’amour contrarié, violemment rejeté par la société et la presse de l’époque mais c’est surtout l’évocation plus ample de la difficulté d’être une femme libre en ces premières années du XXe siècle qui est au centre du récit.

J’ai longtemps été partagée  entre deux sentiments contradictoires: le rejet et l’agacement devant la légèreté des personnages quant à l’abandon de leurs enfants. Ceux de Mamah n’avaient alors que deux et sept ans si je me souviens bien. Pour moi, il n’y a rien à faire, excuser un tel comportement m’est difficile. D’un autre côté j’ai admiré la prise de position féministe qu’elle a adoptée par la suite et son courage  pour affronter tous les moments de détresse éprouvés au cours des nombreuses épreuves   vécues dans la solitude la plus complète. Le personnage de Frank Lloyd Wright ne sort d’ailleurs  pas grandi de cette histoire  me semble-t-il. Je l’ai ressenti comme trop  égoïste et léger  pour être attachant. Ceci dit, j’ai beaucoup aimé ce livre et je vais poursuivre avec quelques recherches sur  ces personnalités  remarquables mais fragiles aux destins si tragiques .

C’est une lecture commune avec Enna  , Jules, Sylire et Sophie/Vicim

Loving Frank par Nancy Horan (Buchet-Chastel, Traduit de l’américain par Virginie Buhl 2007/2009, 540 p) Titre original: Random House

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