Ainsi soit Benoîte Groult, Catel,

BD Benoîte Groult, CatelBD benoite-groult

Quelle merveille, cet album graphique,

cette biographie dessinée d’une femme  que je connais un peu  grâce à son«Journal à quatre mains» écrit avec sa sœur Flora, et dernièrement avec « Mon évasion »,  un livre de souvenirs qui m’avait beaucoup plu également!

Ce que j’ai particulièrement aimé dans cette nouvelle  évocation de sa vie, c’est qu’elle est faite cette fois par une jeune  dessinatrice  très douée, tenace et convaincante qui réussit non seulement à briser (un peu) les préjugés  de son inspiratrice mais qui finit par entretenir avec elle un vrai climat de sympathie et de proximité. Elle ne se contente pas de retracer les moments forts de sa vie mais elle crayonne sans cesse sur le vif les portraits de ceux qui l’entourent et les  maisons et les lieux où vit son modèle

On est toujours à la fois dans le passé  et dans le présent de Benoîte Groult qui se révèle , une fois de plus, une personne très attachante et toujours pleine de projets.

C’est passionnant! Je l’ai lu presque d’une traite, malgré le nombre de pages, désolée de devoir arrêter  ma lecture par moments. De Catel, j’avais déjà lu les deux albums précédents: Kiki de Montparnasse et Olympe de Gouges mais celui –ci est encore meilleur, je trouve, plus spontané et plus personnel.  Un vrai chef d’œuvre !

Je me suis mise à la bande dessinée très tard dans ma vie – ce n’est pas vraiment de mon âge! 

Mais j’avais ressenti le coup de foudre de l’amitié dès ma première rencontre avec Catel Muller et je venais de lire d’une seule traite Kiki de Montparnasse, dont les personnages (peintres et écrivains pour la plupart) avaient été les amis de mes parents du temps où ils fréquentaient Montparnasse.  (Préface de Benoîte Groult)

A lire aussi, entre autres, les billets de  Canel,  Mior,   Cuné,  Theoma,  Cathulu,

Ainsi soit Benoîte Groult,  Catel, ma BD du mercredi
(Bernard Grasset, octobre 2013, 336 p.)

Mâle occidental contemporain, Bégaudeau, Oubrerie, ma BD du mercredi

Image
Thomas dépense beaucoup d’énergie pour établir la communication avec l’autre sexe. Mais tout cela se traduit souvent par des échecs, autrement nommés des râteaux. Il n’a pas réalisé que le féminisme avait fait son œuvre. Les filles sont devenues exigeantes, directes, malicieuses. Thomas va devoir hausser le niveau et se remettre en question jusqu’à trembler sur ses bases viriles (Résumé de l’éditeur)

Ce n’est pas la BD du siècle évidemment mais c’est une série d’instantanés de la vie amoureuse d’un jeune homme d’aujourd’hui, beaucoup trop timide et bien élevé, très maladroit, qui essaie de trouver l’âme sœur ou simplement  une petite amie ou plus trivialement ne serait-ce qu’un bon coup d’un soir mais qui n’y arrive jamais malgré ses efforts et les techniques modernes utilisées, de la plus romantique à la plus directe; à chaque fois les filles abordées déjouent ses plans et le rabrouent. C’est pathétique au fond mais traité rapidement sur le mode comique  caricatural. De nos jours comme hier, pas facile de trouver la partenaire idéale mais pas question non plus de s’attendrir. C’est ainsi, voilà tout: désespérant, exaspérant, désolant mais hilarant et j’ai ri. Thomas est jeune et on devine qu’il réussira à force de s’acharner comme il le fait, mais  plus tard et pas dans ce recueil! 

Un jeune le lisait à la bibliothèque. Il avait l’air de s’amuser. Quand il l’a déposé dans le rayon, je l’ai pris à mon tour et ne le regrette pas. En une heure je l’avais terminé et j’étais de bonne humeur! 

Mâle occidental contemporain,  François Bégaudeau, Clément Oubrerie, Philippe Bruno, Delcourt, octobre 2013, 82 pages.

Suite du billet ICI

 

Loving Frank, Nancy Horan

ImageImageImage

Je termine ce livre  bouleversée après être passée par toute la gamme possible des réactions d’une lectrice lambda qui, tout en connaissant l’architecte Frank Lloyd Wright et ses belles réalisations, ignorait tout de sa vie privée. Autant dire que  je suis passée par bien des émotions  durant la lecture de ces 540 pages (Buchet/Chastel éd.). Tout d’abord, j’ai failli abandonner dès la première partie  tellement l’histoire de l’infidélité du couple Frank Lloyd Wright et Mamah  Borthwick Chesney, chacun marié de son côté avec 9 enfants à eux deux, me semblait convenue et  désormais banale mais l’intérêt est venu dès leur fuite en Europe et s’est accru avec la rencontre entre Mamah et la féministe suédoise  Ellen Key  dont elle voulait devenir la traductrice au point de ne pas suivre son  amant lors de son retour en Amérique. Quant à la troisième partie,  le divorce de Mamah  et les retrouvailles avec ses enfants, la construction de Taliesin, leur maison commune à elle et  Frank mais près de la famille de celui-ci et la fin surtout, je l’ai trouvée d’une grande intensité dramatique. J’ai avalé ce récit, le cœur battant,  d’autant plus que je savais l’histoire  vraie  puisque,  comme journaliste, la romancière avait fait de sérieuses recherches avant de se lancer dans son récit.

La grandeur de ce roman tient avant tout pour moi au fait que ce ne soit pas une simple histoire d’amour contrarié, violemment rejeté par la société et la presse de l’époque mais c’est surtout l’évocation plus ample de la difficulté d’être une femme libre en ces premières années du XXe siècle qui est au centre du récit.

J’ai longtemps été partagée  entre deux sentiments contradictoires: le rejet et l’agacement devant la légèreté des personnages quant à l’abandon de leurs enfants. Ceux de Mamah n’avaient alors que deux et sept ans si je me souviens bien. Pour moi, il n’y a rien à faire, excuser un tel comportement m’est difficile. D’un autre côté j’ai admiré la prise de position féministe qu’elle a adoptée par la suite et son courage  pour affronter tous les moments de détresse éprouvés au cours des nombreuses épreuves   vécues dans la solitude la plus complète. Le personnage de Frank Lloyd Wright ne sort d’ailleurs  pas grandi de cette histoire  me semble-t-il. Je l’ai ressenti comme trop  égoïste et léger  pour être attachant. Ceci dit, j’ai beaucoup aimé ce livre et je vais poursuivre avec quelques recherches sur  ces personnalités  remarquables mais fragiles aux destins si tragiques .

C’est une lecture commune avec Enna  , Jules, Sylire et Sophie/Vicim

Loving Frank par Nancy Horan (Buchet-Chastel, Traduit de l’américain par Virginie Buhl 2007/2009, 540 p) Titre original: Random House

Blog premier: liratouva2Mango