« Je ne te quitterai plus », Eluard – « Jamais la mer ne se retire », Ange Leccia – Champs d’amours », Jean-Michel Pancin, Palais de Tokyo, Exposition,

Peintre Ange Leccia Jamais la mer ne se retire, 2014

(Ange Leccia, Jamais la mer ne se retire,  2014, video  Palais de Tokyo)

Air vif

J’ai regardé devant moi
Dans la foule je t’ai vue
Parmi les blés je t’ai vue
Sous un arbre je t’ai vue

Au bout de tous mes voyages
Au fond de tous mes tourments
Au tournant de tous les rires
Sortant de l’eau et du feu

L’été l’hiver je t’ai vue
Dans ma maison je t’ai vue
Entre mes bras je t’ai vue
Dans mes rêves je t’ai vue

Je ne te quitterai plus.

Paul Eluard

Derniers poèmes d’amour

Peintre, Jean-Michel Pancin, « Champs d’amours », 2010-2011.

Jean-Michel Pancin, «Champs d’amours», 2010-2011.(Palais de Tokyo)

Le vin du solitaire, Baudelaire

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Le vin du solitaire

Le regard singulier d’une femme galante 
Qui se glisse vers nous comme le rayon blanc 
Que la lune onduleuse envoie au lac tremblant, 
Quand elle y veut baigner sa beauté nonchalante;

Le dernier sac d’écus dans les doigts d’un joueur;
Un baiser libertin de la maigre Adeline;
Les sons d’une musique énervante et câline, 
Semblable au cri lointain de l’humaine douleur,

Tout cela ne vaut pas, ô bouteille profonde,
Les baumes pénétrants que ta panse féconde
Garde au coeur altéré du poète pieux;

Tu lui verses l’espoir, la jeunesse et la vie, 
– Et l’orgueil, ce trésor de toute gueuserie,
Qui nous rend triomphants et semblables aux Dieux!

Les Fleurs du mal, Baudelaire (Le Vin, CVII)

Choix inspiré par Asphodèle et sa poésie du jeudi, avec l’heure verte de Charles Cros 

Jardin près de la mer, Anna de Noailles

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Ah! Que vivre est divin! L’âpre brise marine
A trempé ce matin les œillets du jardin,
Et dans le doux parterre assoupi, c’est soudain
L’odeur d’un paquebot qui s’en va vers la Chine…

Et rien n’est plus charmant que ce désir qu’on a
Des pays embués de fièvres éternelles,
Quand on est près des lis, du lin, des dauphinelles,
Dans le calme jardin que le ciel nous donna.

Anna de Noailles. (1876-1933)  Les Eblouissements

Mon autre blog 

Journée de la terre et Rimbaud

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Dans les bois

Au printemps l’oiseau naît et chante:
N’avez-vous pas ouï sa voix?…
Elle est pure, simple et touchante,
La voix de l’oiseau – dans les bois!

L’été, l’oiseau cherche l’oiselle;
Il aime – et n’aime qu’une fois!
Qu’il est doux, paisible et fidèle,
Le nid de l’oiseau – dans les bois!

Puis quand vient l’automne brumeuse,
il se tait… avant les temps froids.
Hélas! qu’elle doit être heureuse
La mort de l’oiseau – dans les bois!

Arthur Rimbaud (1808/1855)

22 avril 2014 – Journée de la Terre – Colibri bleu 

Ma sœur

Ma sœur

 Elle est en rouge, elle est en noir

Elle aime Stendhal et Renoir

Baudelaire et Apollinaire

Les yeux du chat pleins de mystère

Elle est assise  à sa fenêtre,

Un livre à la main oui peut-être.

Je la devine qui sourit

A l’enfant en elle enfoui.

Elle est ici, elle est ailleurs, 

Dans un endroit haut en couleurs

Où les ajoncs fleurissent en or, 

Blonds, veloutés, ourlés d’Armor.

Je la regarde qui voyage …

Elle est sans corps, elle est sans âge;

Elle a pour amie qui l’éclaire

L’éternité nommée lumière.

Yuna

(02/01/2008)