Zombies,T3, Précis de décomposition, Peru, Cholet,

 bd zombies 3
Il y a quatre ans, quand j’ai décidé de  lire des BD  tous les  mercredis pour combler mon retard en ce domaine,  je ne m’attendais pas à tomber  un jour sur  des histoires de  zombies, ces morts-vivants qui ne cherchent qu’à se nourrir d’êtres humains et qui me font si peur! Je n’ai d’ailleurs pas réussi à terminer Walking Dead,  la dernière  série  référence. Si j’en ai aimé le premier tome, je n’ai pas pu terminer le second malgré tous les bons billets que j’ai pu lire à son sujet.
Et pourtant voilà que je me replonge dans une histoire  presque  semblable, challenge Halloween de Hilde et Lou oblige  auquel j’ai décidé de participer. J’ai donc choisi ce que j’ai pu trouver à la bibliothèque , le dernier tome de la série Zombies de Peru et Cholet dont Yaneck a déjà bien parlé et qu’il apprécie tout en attendant la suite avec impatience puisque qu’une nouvelle série doit paraître  très bientôt
Heureusement pour moi, cette fois j’ai réussi à terminer l’album et même à m’attacher à certains personnages, les enfants en particulier  et puis surtout, ce n’est pas qu’une suite de carnages et d’images gores,  il y a aussi des moments d’espoir et d’entraide. On peut rester optimiste quant à l’avenir des humains , grâce en grande partie, à la science et aux petits génies précoces.
J’y ai vu aussi un rapprochement avec toutes nos angoisses actuelles concernant Ebola et les autres virus qui nous menacent régulièrement depuis quelque temps!
Ici, c’est une épidémie de zombies qui s’est abattue sur les Etats-Unis et les rescapés essaient  par tous les moyens de les fuir puisqu’une seule morsure les transforme à leur tour en morts vivants. Certains humains  cependant semblent pouvoir être immunisés.  De plus, les survivants ont découvert que les ultra-sons  éloignaient les zombies et les faisaient fuir. Clay, un surdoué de dix-sept ans,  Serge Lapointe, l’acteur dévoué  qui sait rassurer les gens, et quelques autres qui  se comportent,  eux aussi,  en héros positifs et courageux, cherchent à rejoindre  les autres groupes de survivants dans les coins du pays où il en reste encore.
Après des  pages et des pages d’événements  traumatisants, un bébé naît enfin qui se nourrit de  lait et non de sang  comme tous le craignaient.
«Espoir et Avenir …
Deux mots qu’on ne murmure qu’intérieurement,
Qu’on cache au fond de soi par peur qu’ils disparaissent.
Deux petits mots qu’on doit à ceux qui ne sont plus là …
Deux petits mots 
Pour que la mort n’ait pas le dernier mot.»
Une bonne expérience finalement, cette lecture!

Zombies, T3, Précis de décomposition,

Olivier Peru, Sophian Cholet

(Soleil Anticipation, nov. 2013, 58 p.)

Publicités

Juste une mauvaise action, Elizabeth George

elisabeth george juste une mauvaise action

Résumé de l’éditeur

Le sergent Barbara Havers est catastrophé. Hadiyyah, la fille de son cher ami Azhar, a été enlevée par sa mère et aucune poursuite judiciaire n’est possible. Azhar n’a jamais épousé Angelina et l’enfant ne porte pas son nom.

Alors qu’Azahar se désespère, Angelina refait finalement surface avec une nouvelle alarmante : Hadiyyah a été kidnappée sur la place d’un marché toscan.
La police italienne est chargée de l’enquête et Barbara devra prendre les choses en main, frôlant l’incident diplomatique, pour que Scotland Yard intervienne en la personne du célèbre inspecteur Thomas Lynley.

Bien vite, les deux enquêteurs découvrent que l’affaire est beaucoup plus complexe qu’un simple enlèvement…
Du brouillard londonien aux collines ensoleillées de Toscane, Elizabeth George nous emporte, avec cette dix-huitième enquête de Thomas Lynley, dans un tourbillon d’émotions et de trahisons.

                                        ***

De cette romancière, j’ai déjà lu : Le Rouge du Péché et c’est parce que mon avis avait alors été très mitigé que j’ai accepté de découvrir la dernière aventure de l’inspecteur Linley et de sa collaboratrice, Barbara Havers, lorsque Babelio me l’a proposé  dans le cadre de son opération Masse Critique.

700 pages! C’était un véritable défi que j’ai mis longtemps à mener à bien. Dire que je suis simplement déçue pour la seconde fois serait en dessous de la vérité, j’ai tout simplement été à deux doigts de m’arrêter en cours de route. Je n’ai pas réussi à croire aux personnages  ni à m’intéresser à cette histoire d’enlèvement d’enfant qui n’en finissait pas! A chaque reprise du livre, il me fallait revenir en arrière pour me rappeler les derniers développements.  J’ai rarement été aussi peu passionnée par un roman policier! C’est beaucoup trop long et  certains passages m’ont tout simplement paru totalement caricaturaux tellement la sauce y était délayée. Tout devient prétexte à développement: les lieux, les pièces, les vêtements, les dialogues, les déplacements, jusqu’aux   nouveaux venus  qu’on ne reverra plus  qui ont aussi droit à une ou deux pages définissant leurs identités et expliquant leur présence. C’est lourd, pesant, sans génie!

Même Barbara Havers m’a semblé fade, cette fois, malgré un portrait prometteur, p. 574:

Quand elle était sur une enquête, elle s’y plongeait tout entière et donnait le meilleur d’elle-même. Elle n’avait jamais peur de tenir tête à quelqu’un dont elle ne partageait pas l’opinion. Elle ne faisait jamais passer ses chances de promotion avant la résolution d’une affaire. Et quand elle tenait ce qu’elle pensait être une piste, on ne pouvait pas plus la lui faire lâcher qu’à un pitbull un morceau de steak. Son esprit frondeur et sa faculté à ne se laisser démonter par personne, si haut placé que soit ce personne…En un mot, Barbara était hors normes, et c’était exactement le genre d’officier dont on avait besoin dans une équipe.Sympa peut-être, ce personnage,  mais on est loin de Lisbeth Salander, par exemple,  et je ne pouvais m’empêcher de faire la comparaison!
En somme, cette lecture, trop sage et trop fade, a eu tendance à m’endormir à chaque reprise! C’est loin d’être ce que j’attends d’un thriller!

 Juste une mauvaise action, Elizabeth George, (Presses de la Cité, octobre 2014, 700 pages)

masse_critique

Mortelle Adèle, 5, Poussez-vous, les moches! BD du mercredi, Challenge Halloween

BD Mortelle adèle,5,Mr Tan et Miss PricklyBD du mercredi  Mango bleu 4challenge Halloween 2014

Dans la série «petite sorcière» et « maligne petite peste», j’ai enfin fait la connaissance d’ Adèle, la mortelle, la vilaine gosse  dont j’ai beaucoup entendu parler déjà et  dont je ne voudrais  surtout  pas comme petite fille, mais qui  m’amuse beaucoup quand je lis les  tours pendables qu’elle joue aux autres,  aussi bien à ses amis et à sa famille qu’à ses pires ennemies, Jade et Miranda, les deux autres pestes de la classe qui se prennent pour des top-modèles et qui ont fondé le club des Barbie Malibu.

C’est pour se venger des ces filles prétentieuses et méprisantes, qui se moquent de tous les « trop petits », les « trop gros », les « trop intellos »,  qu’Adèle, dans ce tome 5, fonde le club des bizarres « pour mettre des bâtons dans les roues de ce groupe de pestes ». Et la guerre commence.

Ce sont des petits gags sur  une ou deux pages et j’ai trouvé ça très amusant mais à petites doses.  Quitte à y revenir plus souvent.

Mortelle Adèle, 5, Poussez-vous les moches!  Mr Tan, Miss Prickly.

Liens: BD du mercredi, Challenge Halloween chez Hilde et Lou

L’horizon, Patrick Modiano.  » Des souvenirs en forme de nuages flottants. » (p. 156)

modiano l'horizon   Modiano  et les livres

Depuis quelque temps, Bosmans pensait à certains épisodes de sa jeunesse, des épisodes sans suite, coupés net, des visages sans noms, des rencontres fugitives. Tout cela appartenait à un passé lointain, mais comme ces courtes séquences n’étaient pas liées au reste de sa vie, elles demeuraient en suspens, dans un présent éternel. Il ne cesserait de se poser des questions là-dessus, et il n’aurait jamais de réponses. Ces bribes seraient toujours pour lui énigmatiques. 

Ce début du roman pourrait être celui de tous les récits du nouveau Prix Nobel, lui aussi  « à la recherche du temps perdu »: celui du Paris d’après guerre aux noms évocateurs servant de repères  illusoires à des héros  attentifs à tout signe susceptible de ressusciter leur passé

C’est ainsi que Bosmans, grâce à son carnet de moleskine toujours dans la poche intérieure de sa veste,  retrouve, trente ans après,  la trace de Marguerite Le Coz, un ancien amour de jeunesse, disparue précipitamment pour de sombres histoires demeurées  floues, sans plus jamais lui donner de nouvelles. Il décide d’aller la rejoindre en Suisse où elle tiendrait désormais une librairie.

« Il était fatigué d’avoir marché si longtemps. Mais il éprouvait pour une fois un sentiment de sérénité, avec la certitude d’être revenu à l’endroit exact d’où il était parti un jour, à la même place, à la même heure et à la même saison, comme deux aiguilles se rejoignent sur le cadran quand il est midi. »  (p. 171)

 Auparavant c’est à une véritable enquête que se livre le héros  pour reconstituer  l’histoire de leur rencontre si discrète : deux personnes solitaires et traquées, l’un par sa propre mère, la terrifiante femme en rouge, l’autre par un ancien compagnon devenu menaçant.

«Il aurait voulu  …renouer un à un les fils brisés, oui, revenir en arrière pour retenir les ombres et en savoir plus long sur elles. Impossible. Alors il ne restait plus qu’à retrouver les noms. Ou même les prénoms. Ils servaient d’aimants. Ils faisaient ressurgir des impressions confuses que vous aviez du mal à éclaircir. Appartenaient-elles au rêve ou à la réalité?» (p. 13)

«Est-on vraiment sûr que les paroles que deux personnes ont échangées lors de leur première rencontre se soient dissipées dans le néant, comme si elles n’avaient jamais été prononcées?  …Et si toutes ces paroles restaient en suspens dans l’air jusqu’à la fin des temps et qu’il suffisait d’un peu de silence et d’attention pour en capter les échos?» (p.23)

«Il avait toujours imaginé qu’il pourrait retrouver au fond de certains quartiers les personnes qu’il avait rencontrées dans sa jeunesse, avec leur âge et leur allure d’autrefois. Ils y menaient une vie parallèle, à l’abri du temps.» (p.54)

«Il lui semblait atteindre un carrefour de sa vie, ou plutôt une lisière d’où il pourrait s’élancer vers l’avenir. Pour la première fois, il avait dans la tête le mot avenir, et un autre mot: l’horizon. Ces soirs-là, les rues désertes et silencieuses du quartier étaient des lignes de fuite, qui débouchaient toutes sur l’avenir et l’horizon. (p.85)

J’ai aimé ce roman autant que: Du plus loin de l’oubli  et que : L’herbe des nuits.
J’aimais et j’aime Modiano. Il fait partie de mes romanciers préférés dont la liste est longue mais d’où émergent parmi les auteurs qui publient en ce moment: Irving, Oates, Murakami, Yu Hua, Hornby, J. Mc Inerney, J. Coe, J. Barnes  mais j’en oublie tellement…
Lu par Hélène
L’horizon, Patrick Modiano, 
(Gallimard, roman, 2010, 176 p)

Apocalypse sur Carson City,4, Halloween, Griffon, ma BD du mercredi et le challenge Halloween

BD Apocalypse sur Carson City, T4       challenge Halloween 2014

Une série d’horreur et d’humour pour  le challenge Halloween BD de ce mercredi, ça ne pouvait pas mieux tomber mieux, d’autant plus que le tome 4, le dernier sorti, s’intitule «Halloween» car c’est ce jour-là que se déroule toute l’aventure. Elle commence dans un cimetière envahi de morts vivants. On se sent tout de suite dans l’ambiance avec un premier chapitre portant le numéro 13: «La créature du cimetière».

La situation est celle-ci: les trois frères Blackwood, de dangereux gangsters, barricadés dans leur vieux manoir, sont poursuivis par le shérif de Carson City, une ville perdue du Nevada, mais le pire c’est que des morts vivants les menacent aussi. Il leur faut échapper à tout prix à la police et aux zombies.

C’est plus drôle qu’horrible malgré les détails en gros plans: le sang qui coule partout, les visages grimaçants, les hurlements et les cris divers, les morts qui s’accumulent et les sottises de certains « gentils » qui les rendent plus dangereux que tout, comme celles d’Ashley, la pom-pom girl du lycée qui ne « dégage pas assez d’ondes cérébrales pour se faire repérer par les zombies et qui ne comprend pas grand chose à ce qui se passe ».

BD Apocalypse sur Carson City, T4 2

Les planches sont en noir et blanc et font beaucoup d’effet avec de très nombreux détails.
« Un mec qui ouvre une porte me prend déjà une page! » a déclaré Guillaume Griffon, (l’auteur aussi de Billy Wild) qui est à la fois le scénariste et le dessinateur, ce qui lui donne une grande liberté pour la mise en page; Il dit aimer les planches surchargées, le graphisme caricatural, les personnages un peu « cartoon », « des mecs méchants mais qui soient un peu ridicules ».

BD Apocalypse sur Carson City, T4. 3

Les dialogues sont percutants et amusants et renvoient à de nombreuses BD et films célèbres dont j’ignore tout mais, n’empêche, ça ne m’a pas gênée et cette lecture m’a bien amusée malgré certains clichés machos, agaçants parce que trop systématiques mais c’est peut-être la loi du genre?

L’ensemble m’a semblé cependant suffisamment bon enfant pour que je me sente indulgente et de bonne humeur en refermant l’album. Dire que j’attends la sortie du tome 5 avec impatience serait sans doute exagéré mais je lui donne 17 au top de Yaneck, ce qui ne me semblait pas gagné d’avance vu le peu de sympathie que je prends à lire des histoires de zombies. Des sorcières et des maléfices anciens, oui, tant qu’on veut, mais des morts-vivants, non ou alors à petites doses. Mission accomplie avec cet album!

L’avis de Yvan

Apocalypse sur Carson City, 4, Halloween,  Guillaume Griffon(Akileos, septembre 2013, 112 p.)

Top BD Yaneck Yaneck: 17

Les grands, Sylvain Prudhomme

                                                Roman les grands sylvain prudhomme

Allongé près d’Esperança, la femme qu’il aime, un jour de 2012,  Couto, l’ancien musicien d’un groupe célèbre  des années 70 en Guinée Bissau, apprend  la mort  soudaine de Dulce, la chanteuse du groupe, son grand amour de jeunesse, celle  qui l’a quitté pour épouser Gomes, l’actuel dictateur du pays.

Pour tout le monde,  c’est un grand bouleversement et on revit le  prestigieux  passé du groupe avant de rassembler « les grands »,  ceux qui formaient le groupe  fameux des Super Mama djombo,  pour un dernier hommage d’enfer à la chanteuse mythique !

Commencé dans les rues de la capitale, dans la chaleur, la soif, la misère et  la tristesse de  cette perte, le récit montera en puissance avec  les souvenirs de trente ans de musique à travers le monde  et des succès qui reviennent en force.  Tandis qu’un coup d’état se prépare, que les forces de police sillonnent la ville, et que des coups de feu éclatent, les jeunes et les musiciens présents et lointains, les exilés comme les autres, tous n’ont plus qu’un seul désir et qu’un seul but: le concert de Chiringuitó. Ce sera magique !

Je quitte ce livre enchantée et tellement triste aussi , avec une nostalgie infinie. C’est la saudade.  Ça serre le cœur!   C’est magnifique! 

Son haut et sa jupe étaient là, par terre, à côté de leurs slips abandonnés sur le lino. Affaissés, dérisoires. Boules de linge informes.

Elle savait comme lui ce que signifiait la disparition de Dulce. Quelle patience il leur faudrait  à tous les deux avant que la nouvelle de cette mort se retire d’entre eux, s’estompe, les laisse à nouveau l’un à l’autre. Et il n’y avait rien à faire qu’attendre.Cette diablesse de femme que tu aimeras toujours, disait-elle en riant les fois où passait une chanson de Dulce à la radio. Cette ensorceleuse contre laquelle je ne pourrai jamais rien. La voix de Dulce ruisselait dans la pièce, planait entre les murs autour d’eux, enfantine, pleine de grâce. 

Né en 1979, Sylvain Prudhomme construit depuis quelques années une œuvre littéraire ouverte sur le monde. L’Afrique contemporaine où il a longtemps vécu et travaillé est une des sources d’inspiration principale de ses derniers livres et reportages.

Ce livre fait partie de la sélection  du Grand Prix de l’Académie française,(décerné le 30 octobre)
et de celle du Femina (le 4 novembre)
Les grands, Sylvain Prudhomme ( Coll. L’Arbalète, Gallimard, septembre 2014, 252 pages)

Challenge littéraire 2014 chez Hérisson  9/12

Joyce Maynard, L’homme de la montagne

Joyce Maynard L'homme de la montagneJoyce Maynard

Il y a un peu plus de trente ans, un jour de juin au coucher de soleil – sur un versant de montagne dans le Marin County, Californie -, un homme s’est approché de moi, tenant dans ses mains un bout de corde à piano, avec l’intention de mettre fin à mes jours. J’avais quatorze ans et il avait déjà tué beaucoup d’autres filles. Depuis ce jour, je sais ce que signifie regarder un homme dans les yeux en se disant que son visage est la dernière chose que l’on verra jamais.C’est à ma sœur que je dois d’être ici pour raconter ce qui s’est passé ce soir-là. Par deux fois ma sœur m’a sauvée, alors que moi, je n’ai pas pu la sauve.Voici notre histoire. ( Prologue, p. 11)

Cette histoire justement, c’est celle de Rachel et de Patty, deux sœurs qui s’adorent malgré leurs différences: Patty, la plus jeune, est douée pour le sport, Rachel, la narratrice deviendra écrivain et c’est en tant que telle, une trentaine d’années après les faits  de cette fameuse année 1979, en Californie, qu’elle raconte les meurtres horribles du serial killer de la montagne, poursuivi par leur père, l’inspecteur de police  Torricelli. Plus rien ne sera pareil ensuite, pour elle et sa famille mais l’histoire ne s’arrête pas là puisque la traque de l’assassin ne cessera qu’à la suite de la parution du roman où elle raconte les crimes de celui qui restera connu comme l’Étrangleur du crépuscule.

Ce que j’ai surtout aimé, ce n’est pas le côté policier du roman qui reste secondaire,  mais les liens très fusionnels  entre les sœurs, suite au divorce de leurs parents, distendus cependant quand l’aînée réussit à faire partie de la bande du lycée, la popularité acquise par son père pour ses enquêtes et ses passages à la télévision y étant pour beaucoup. C’est que son père est beau, charmant, sexy et volage tandis que sa mère passe son temps à lire et à se morfondre.

Ce n’est pas un coup de cœur mais c’est un roman très agréable pour les raisons qui me sont très claires maintenant concernant mes préférences pour des lectures distrayantes et faciles.

– Le côté « qui fait peur »  est mis en sourdine bien qu’au cœur de l’intrigue: ( ici, les crimes en cascade par l’homme de la montagne) – Le suspense n’est que moyen, sauf lors d’un passage où j’ai soudain soupçonné le père lui-même.

– L’histoire familiale est plus évoquée que fouillée, voire autopsiée comme si souvent! C’est juste un père trop charmant et charmeur qui oublie de plus en plus souvent de  rentrer chez lui, ce qui cause des ravages évidemment chez sa femme et ses filles.

De nous deux, c’était Patty qui jetait un regard sans concession sur notre père et parlait de lui durement quand elle pensait qu’il faisait souffrir notre mère. Sur certaines choses – par exemple le fait qu’il conduisait une Alfa mais n’avait jamais assez d’argent pour permettre à Patty de se faire arranger ses dents, elle ne disait rien. Mais elle lui reprochait de plus en plus  son incapacité à aider financièrement notre mère et nous et, surtout, ses promesses réitérées de venir nous voir, qu’il ne tenait jamais. Tout en n’abandonnant pourtant pas l’espoir qu’il assisterait un jour, d’un bout à l’autre, à l’un de ses matches de basket.

  – Il est tellement  occupé par son job, disais-je.

  – Tu l’excuses tout le temps.

  – Et toi, tu es méchante.

Je l’aime, protesta-telle. Mais c’est un perdant.

–  Le meilleur du roman  pour moi, cependant,  restera l’analyse  de l’adolescence de ces deux jeunes filles à cette époque et à  cet endroit-là. C’est finement évoqué, sans lourdeur,  avec le ton juste et la  légèreté qui conviennent dans un contexte suffisamment pesant et dramatique par ailleurs!

Un bon choix de lecture. A conseiller!

Joyce Maynard, L’homme de la montagne
(Philippe Rey, roman, août 2014, 320 pages)
After Her, 2013) Traduit de l’anglais (États-Unis) par Françoise Adelstain
challengerlentrée littéraire2014

Modiano, Prix Nobel de Littérature. Enfin! Les quatorze autres Français l’ayant obtenu.

Prix Nobel de Littérature:  Patrick Modiano (° 1945) a été récompensé pour « l’art de la mémoire avec lequel il a évoqué les destinées humaines les plus insaisissables et dévoilé le monde de l’Occupation« 

Son dernier roman vient de sortir: « Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier ». 

                                                 Modiano 2

L’année dernière,  c’est à la Canadienne Alice Munro (° 1931) que le Prix avait été attribué.

Cette année, les favoris étaient:

la Biélorusse Svetlana Alexievitch (°1948)
le Kenyan Ngugi wa Thiong’o (°1938)
le Japonais Haruki Murakami (° 1949)

On parlait aussi de  Margaret Atwood, Anne Carson, Joyce Carol Oates, Milan Kundera, des auteurs que j’aime bien également mais de tous, c’estModiano, mon préféré!

Les quinze  Français Prix Nobel de Littérature:

  1. 1901 –  Sully Prudhomme
  2. 1904 – Frédéric Mistral
  3.  1915 – Romain Rolland
  4. 1921 – Anatole France
  5. 1927 – Henri Bergson
  6. 1937 – Roger Martin du Gard
  7. 1947 – André Gide
  8. 1952 – François Mauriac
  9. 1957 – Albert Camus
  10. 1960 –  Saint- John Perse
  11. 1964 – Jean-Paul Sartre (refusé par l’auteur)
  12. 1985 – Claude Simon
  13. 2000 – Gao Xingjian
  14. 2008 – Jean- Marie Gustave le Clézio
  15. 2014 – Patrick Modiano

Zouk, 1, une sorcière au grand cœur, Serge Bloch, Nicolas Hubesch, ma BD du mercredi, Challenge Halloween,

BD du mercredi noirBD du mercredi rouge (2)BD du mercredi  Mango bleu 4BD du mercredi Mango Vert 3

challenge Halloween 2014Challenge mercredi fantastique

BD Zouk, 1, Une sorcière au grand coeurBD Zouk, 2; Danger public

J’adore cette petite sorcière au grand cœur depuis que je l’ai découverte grâce au challenge de Lou et Hilde et ça tombe bien pour mes lectures  à voix haute du soir puisque c’est une série qui intéresse toutes les petites sorcières à partir de trois ans. C’est juste la tranche d’âge qui m’intéresse et la demoiselle rit autant que moi,  depuis une semaine,  aux aventures de  Zouk et de sa famille de sorciers qui vivent dans une très grande ville du bout du monde, dans une toute petite maison entourée de gratte-ciel. Elle vit là avec son papa, Saluléga,  sa maman Salsepareille et ses deux amis, Noyau, le chat et monsieur Potiron. Elle a aussi une baguette magique dont elle ne sait pas encore  très bien se servir car elle oublie les formules magiques., ce qui provoque bien des ennuis.

Elle se déplace dans les airs sur son manche à balai, comme il se doit, protège tous les animaux  abandonnés, transformant sa maison en arche de Noé, ce qui fâche sa jolie maman car ils font plein de dégâts. Zouk alors promet de ne plus recommencer jusqu’à la prochaine fois.

C’est une succession de petites histoires  comme ça, qui semblent prises sur le vif. Les dessins sont très agréables, avec suffisamment de détails pour qu’on puisse s’y arrêter et la séance de lecture s’allonge ainsi de réflexions en étonnements et éclats de rire.

Les histoires sont courtes mais très variées. Dans le premier tome, par exemple on y trouve même une adaptation de La petite fille aux allumettes.

Naturellement, la dernière a eu tant  de succès que j’ai dû la relire et la commenter une seconde fois. Il s’agissait  de Zoukrencontrant le Père Noël au milieu des guirlandes d’araignées dans sa chambre où elle avait aussi accroché des boules de chauve-souris pour faire encore plus joli! Rires feutrés assurés. On ne se sent  quand même pas tout à fait en sécurité!

Comme il y a déjà dix tomes dans la série, on en a pour longtemps encore à découvrir  cette petite sorcière de Zouk, presque devenue une amie.

BD Zouk,nono le zigotoBD zouk la petite sorcière

Zouk, 1, Une sorcière au grand cœur, 2011
Zouk, 2, Danger public
Zouk, 3, Une sorcière à l’école
Zouk, 5, La sorcière qui rêvait d’être princesse
Zouk, 6,Nono, le zigoto
Zouk, 7, Sorcière de mère en fille
zouk, 8, Secrets de sorcière
Zouk, 9, Sage comme une sorcière
Zouk, 10,L’amitié, c’est magique, ( dernier paru: août 2014)
Serge Bloch, Nicolas Hubesch,
Bayard Jeunesse, dès 3 ans. ,

Réponds si tu m’entends, Marian Keyes

Un besoin de lecture facile et rapide au milieu de la Rentrée, et c’est tout de suite  ce petit livre rose à peine rendu par la lectrice devant moi à la bibliothèque qui m’a accrochée et donné envie de le choisir séance tenante. Je ne connaissais pas encore Marian Keynes si ce n’est par sa bonne réputation chez les familières de chick lit. Je n’ai pas regretté mon choix.

Le prologue évoque une photo reçue par courrier postal, qui aurait tout changé dans la vie de l’héroïne narratrice et c’est effectivement lorsqu’elle voit ce visage qu’elle croit reconnaître, à sa grande stupéfaction, que la vie d’Anna Walsh bascule et commence la seconde partie du roman.

Qui est donc Anna Walsh?  Voici ce qu’il suffit de savoir pour commencer selon l’éditeur:

Le  » Meilleur Boulot du Monde  » à New York pour une marque de cosmétiques ultra-branchées, une garde robe de rêve, une meilleure amie très fashion, une famille irlandaise gentiment foldingue et Aidan, un parfait petit mari, à la fois adorable et sexy : de l’avis de tous, Anna Walsh est une sacrée veinarde. Jusqu’à ce terrible accident qui la ramène tout droit à Dublin, sur le canapé de se parents, entre plâtre, cicatrices, médicaments, séries télé et zizanie familiale. Mais Anna est bien décidée à retrouver sa trépidante vie-new-yorkaise et son homme au plus vite. Aidan qui, depuis l’accident, n’a plus donné signe de vie… Anna est prête à tout pour le retrouver, quitte à mettre la Grosse Pomme sens dessus dessous!

Il y a une nette rupture dans le récit qui se fait plus douloureux au bout d’un moment. J’ai aimé la première partie, en Irlande, quand toute la famille d’Anne l’entoure, après son accident à New York: sa mère déjantée, ses sœurs, si différentes, son père, plus taciturne, et ses amis qu’elle retrouve. Ensuite l’errance de spirites en charlatans pour retrouver son jeune époux m’a semblé plus lourde et un peu trop longue mais heureusement l’histoire reprend très vite de l’intérêt lorsque Anna redevient rédactrice de mode, spécialisée en cosmétique donc très recherchée pour les cadeaux qu’elle ne cesse de distribuer. C’est de nouveau plus léger que dans la période sombre du deuil.

Cette petit lecture facile m’a fait passer un bon dimanche.

Sa valise à roulettes Louis Vuitton bien-aimée trônait près de la porte avec tout le nécessaire à l’intérieur: une trousse de toilette Lulu Guinness, deux bougies parfumées Jo Malone, un ipod, plusieurs nuisettes Marimekko, un appareil photo, un masque à la lavande pour les yeux,du vernis à ongles Ipo des fois que sa manicure/pédicure s’écaillerait « pendant que je pousse », un kit de blanchiment des dents pour passer le temps, trois tenues de bébé Versace et sa dernière échographie.

Rien de plus vite démodée que la mode cependant! La Preuve!

Marian keyes, Réponds si tu m’entends, Pocket, 526 pages (2006/2008)  Anybody out There? Traduit de l’anglais (Irlande) par Laure Manceau.

« Je ne te quitterai plus », Eluard – « Jamais la mer ne se retire », Ange Leccia – Champs d’amours », Jean-Michel Pancin, Palais de Tokyo, Exposition,

Peintre Ange Leccia Jamais la mer ne se retire, 2014

(Ange Leccia, Jamais la mer ne se retire,  2014, video  Palais de Tokyo)

Air vif

J’ai regardé devant moi
Dans la foule je t’ai vue
Parmi les blés je t’ai vue
Sous un arbre je t’ai vue

Au bout de tous mes voyages
Au fond de tous mes tourments
Au tournant de tous les rires
Sortant de l’eau et du feu

L’été l’hiver je t’ai vue
Dans ma maison je t’ai vue
Entre mes bras je t’ai vue
Dans mes rêves je t’ai vue

Je ne te quitterai plus.

Paul Eluard

Derniers poèmes d’amour

Peintre, Jean-Michel Pancin, « Champs d’amours », 2010-2011.

Jean-Michel Pancin, «Champs d’amours», 2010-2011.(Palais de Tokyo)

Chevrotine, Éric Fottorino

eric fottorino chevrotin

Rapidement résumé, ce livre raconte le naufrage d’un couple  et d’une famille recomposée.   La faute à la femme si tout va mal car  si elle se montre enjôleuse et charmante  en public, dans le privé elle s’avère une très efficace manipulatrice n’ayant  de cesse d’avilir son mari et d’éloigner les enfants de celui-ci. Ça se termine très mal puisque l’homme finit par tuer cette femme, aussi odieuse que séduisante.

On le sait dès le début qu’il y aura crime, ne serait-ce que par le titre.

«Chevrotine», c’est du gros plomb de chasse et il  suffira d’un seul coup de  fusil pour  que Alcide Chapireau,  se débarrasse  finalement de Laura, sa seconde femme qui faisait le vide autour de lui et qui venait de jeter les dernières affaires de ses enfants nés d’un premier mariage très heureux avec une jeune modiste,  aussi simple que lui, mareyeur à La Rochelle. Ses deux fils, écœurés par  la méchanceté de leur belle-mère, ne venaient plus le voir depuis longtemps. Il lui restait Automne, la  fille de son mariage avec  Laura.

C’est à elle qu’il tente d’écrire, vingt ans après les faits, alors que le corps de sa femme n’a jamais été retrouvé et que personne ne l’a soupçonné, lui, mais il est à la veille d’une opération  du cœur et il désire tout lui révéler sans savoir  par où commencer.

Il suffit d’une seule phrase finalement pour tenter une explication :

 Toutes les femmes attendent le grand amour. Ta mère cherchait son assassin. 

et quoi de mieux encore qu’une phrase  tirée du Horla de Maupassant pour exprimer ce qu’il ressentait avec cette femme  aussi séduisante que maléfique?

 Cette nuit, j’ai senti quelqu’un accroupi sur moi et qui, sa bouche sur la mienne, buvait ma vie entre mes lèvres. 

C’est avec  plaisir et rejet à la fois que j’ai lu ce roman. Le style en est sobre, efficace et agréable. Ce sont les personnages qui m’ont rebutée. Le père pour sa faiblesse, la femme pour sa perversité. Les deux m’ont agacée. Je me sentais trop proches des enfants, de leur révolte et de leur sentiment d’injustice et d’abandon pour excuser ces adultes  incontrôlables, entraînés par leur passion destructrice.

Il faut que je lise un autre livre de cet auteur, sans doute  L’homme qui m’aimait tout bas.

C’était la technique de Laura: insinuer. Elle n’en démordait pas et Chapireau la laissait s’énerver toute seule. 

 Avec Laura, les sorties de crise étaient toujours la crise. Elle avait ses moments oui et ses moments non. Ils étaient encore dans les moments non. Non aux caresses, aux baisers, à l’amour. Oui aux regards fugaces où filtrait chez elle, à travers la forêt de ses longs cils, un éclair insoupçonné de tendresse. Oui aux gestes s’ils se limitaient à une pression de sa main qui broyaient les doigts de Chapireau. Leur lit ressemblait toujours à l’hiver

Chevrotine, Éric Fottorino

(Gallimard, mai 2014, 180 pages)