Alessandro Baricco. Novecento: pianiste

Un nouveau-né, futur musicien de génie, a été abandonné à sa naissance sur le piano d’un paquebot et  n’est par la suite jamais descendu à terre . Il  rencontre un jour sur ce navire un célèbre pianiste de jazz. Se déroule alors un incroyable duel musical.
Voici leur rencontre sur le paquebot, racontée par le jazzman, son ami:

« Et enfin, au piano … Danny Boodmann T.D.Lemon Novecento.

Le plus grand.

Il l’était vraiment, le plus grand. Nous, on jouait de la musique, lui, c’était autre chose. Lui, il jouait … quelque chose qui n’existait pas avant que lui ne se mette à le jouer, okay? Quelque chose qui n’existait nulle part. Et quand il quittait son piano, ça n’existait plus … ça n’était plus là, définitivement …

 Danny Boodman T.D. Lemon Novecento. 

La dernière fois que je l’ai vu, il était assis sur une bombe. Sans blague. Il était assis sur une charge de dynamite grosse comme ça. Une longue histoire … »

C’était pendant la guerre et alors que  la liberté se présentait devant lui, alors que le bateau allait être dynamité pour vétusté, il ne put descendre: il avait le mal de terre . Il suffisait de monter sur une passerelle mais la terre lui semblait trop grande… alors …
J’ai été infiniment séduite par ce roman  tout simple pourtant mais riche comme une fable.
L’orphelin, le voyage ininterrompu  sur les mers du monde, d’un point à un autre et aller retour, sans cesse, la mer, la musique, l’amitié et puis la fin, brutale mais choisie.  C’est très bien écrit, en italien sur les pages de gauche et en français sur celles de droite, en correspondance.  C’est superbe.
Je lirai « Soie » maintenant, du même auteur.

A défaut de BD, un jeu littéraire vu ailleurs

Faute de temps et de sérénité pour écrire de vrais billets sur mes lectures du moment, je vais suivre une proposition qui me séduit. Il s’agit d’un défi peu contraignant, juste ce qu’il me faut.
Les règles de ce  jeu littéraire trouvé chez Littér’auteurs et  inspiré par les « Exercices de style «  de Raymond Queneau sont ici  mais je ne sais pas exactement qui a lancé ce jeu en premier.  Pour ma part, je le découvre.
Il s’agit d’écrire sur le vif, avec moins de 100 mots,  (soit la taille d’une page d’un petit carnet) sur un thème imposé au jour le jour  Ici  en rapportant des éléments réels de sa journée, sans en inventer ni se référer à un jour antérieur, tout en suivant la thématique de la date correspondante.
Je me lance!

Aujourd’hui, 7 janvier: Surprise.   Milieu de la  nuit: J’ouvre un livre que je dois rendre aujourd’hui même à la bibliothèque. Les premières pages me plaisent beaucoup. Réussirai-je à le finir?  (28 mots) 

Début du livre:  » Étrange que les bienfaiteurs de l’humanité soient des gens amusants. En Amérique du moins, c’est souvent le cas. Celui qui veut gouverner le pays doit d’abord le divertir. Durant la guerre de Sécession, les gens se plaignaient des histoires drôles de Lincoln. Peut-être sentait-il que le sérieux était bien plus dangereux que n’importe quelle blague. Mais les critiques le disaient puéril et son propre secrétaire à la Guerre le traitait de singe. »

Thème de demain 8 janvier: Une question lue quelque part. 

Bonne année (Mieux vaut tard que jamais) ou mon acte de contrition

Mes meilleurs vœux à tous!

L’agitation des dernières semaines s’apaisant,  voici venu pour moi le moment de souhaiter une très bonne année à tous les amoureux de la lecture sous quelque forme que ce soit: papier, numérique, audio, BD.

On n’ a que  l’embarras du choix désormais!

Je commence d’ailleurs la journée en apprenant une bonne surprise, en passant  chez Papillon: la sortie du livre d’Angela Morelli, incontournable et immense star de mes tâtonnants  débuts bloguesques. C’était une pile de bonne humeur assurée!

Pour ma part, je croule sous le nombre de livres lus ces deniers jours de décembre  sans possibilité d’écrire de billets et je trouve ça rageant  car je n’éprouve aucun plaisir à revenir en arrière : ça fait trop pensum de pensionnat  et 7 ans de pension ne s’oublient jamais facilement!

Mais ce que je ne me pardonne pas, en revanche, c’est de n’avoir pas trouvé suffisamment de temps pour répondre aux commentaires et même aux mails reçus qui pourtant m’ont tous fait tellement plaisir: signe qu’on ne m’oublie pas trop durant mon long silence dû à des surcharges familiales, positives mais exigeantes quant à la gestion des horaires et du temps libre,  ce qui m’empêche toutes flâneries, rêveries, farniente, bref tout ce que j’aime en réalité!

D’où cet acte de contrition (un vieux mot qui m’est soudain revenu, je ne sais par quelle magie car il y a bien longtemps que je ne l’ai plus utilisé!) J’aurais voulu répondre à tous et passer chez tous les blogs que j’aime  et pas seulement en coup de vent et en silence comme je l’ai fait, sans entendre au loin ou au T°,  ce sacro-saint leit motiv: « Maman, tu viens? »  ou « Mais qu’est-ce que tu fais? « . Et oui on a besoin de moi, je suis indispensable en ce moment encore et ça devrait me flatter mais patience, ça passera!

Je continue à suivre l’évolution de la blogo suffisamment pour y noter les changements, les départs, les arrivées, les cris d’alarme ou d’enthousiasme, les mises en garde, les prochaines parutions, les coups de cœur.  Mon carnet s’alourdit de livres à lire avec, entre parenthèses, les noms de ceux qui les ont conseillés. Je voudrais pouvoir les citer tous mais bon il me faut rester raisonnable et me contenter de remercier ceux qui me font vibrer avec de nouveaux titres d’autant plus alléchants qu’inabordables pour moi en ce moment.

Juste un espoir à formuler  niveau blog et littérature: Que cette année soit encore  meilleure que la précédente si possible!  2014 restera quand même l’année de notre prix Nobel  et justement, je termine « Des inconnues », trois vies de jeunes filles,  évanescentes bien entendu. C’est nostalgique et plus triste  que d’habitude, je trouve, mais avec  toujours le charme fou de Modiano et je me régale.

Bien avec vous.

Bulles et Nacelles de Renaud Dillies,

BD Renaud Dillies bulles et nacellesUne BD que j’ai beaucoup aimée sur la solitude  de l’artiste, le vertige  de la page blanche,  le manque d’inspiration, les rêveries  au quotidien, la fantaisie,  le tout raconté par  Charlie, la souris, ou « Les vicissitudes du muridé  solitaire »! 
Qui n’a pas aimé?
 BD Renaud Dillies bulles et nacelles 4
Mo  , Moka,  Midola, sont  juste un peu moins charmées que par Abélard!
Pour ma part, j’ai adoré, comme beaucoup, dont Hélène, très récemment, Antigone,
Noukette, pour qui Dillies est un magicien
Sandrine qui en a fait un coup de cœur,
Yvan, qui trouve le graphisme somptueux,
Yaneck et son interview de l’auteur.

Henry James, Les Européens

Henry james Les Européens
De cet auteur, j’ai tout d’abord lu et étudié  Ce que savait Maisie et c’est par ce roman que je l’ai découvert puis aimé.  Des deux autres lus par la suite: les Bostoniennes et les Ambassadeurs, j’ai préféré le premier, plus vif et plus facile à suivre; enfin j’ai admiré sa fameuse nouvelle Le Tour d’écrou, à mon grand étonnement, moi qui ai du mal à apprécier ce genre!
J’étais donc sûre de  tomber une fois de plus sous le charme du dernier récit que je viens de terminer, un peu jauni parce que trouvé à la bibliothèque avant que ces vieux livres  de Poche ne disparaissent des rayons au profit des derniers volumes flambant neufs qui ont sûrement plus d’allure dans une salle à peine rénovée mais quel dommage cependant! C’est ainsi que les titres de XIXe siècle disparaissent presque complètement des salles de lecture.
 
« Les Européens »  donc!  De quoi s’agit-il?  D’un frère et d’une sœur, américains d’origine,  mais ayant vécu en Angleterre, dans la première  moitié du XIXe siècle, vers 1840, qui rendent visite à leurs cousins de Boston.
Ceux-ci sont riches mais très puritains. Leur vie est morne,  simple et ennuyeuse tandis  que celle de leurs cousins leur semble  étonnante, voire éblouissante pour certains, trop frivole pour d’autres.  Félix , le frère, est un  peintre un peu bohème, léger et  toujours de bonne humeur. Il a suivi sa sœur, Eugénie, une baronne que son mari veut répudier et qui cherche  une personne riche pour le remplacer mais c’est une mondaine et l’austérité de sa famille américaine ne lui convient guère.
La vie des Américains, sera  bouleversée, quant à elle, par ces nouveaux arrivants et quand la baronne Eugénie repartira pour l’Europe, de nouvelles unions, inattendues pour certaines, se seront formées. Rien ne sera plus pareil.
C’est une lecture très agréable. J’ai beaucoup aimé le début, avec la connaissance de la famille américaine , le bon Mr. Wentworth et ses filles, Charlotte et Gertrude, si différentes l’une de l’autre  et tous leurs amis. La fin m’a semblé un peu longue dès que j’ai commencé à deviner la suite des événements mais il me semble que  je chipote là!
P.66, l’arrivée des Européens dans la famille américaine
L’arrivée de Félix et de sa sœur était pour eux une satisfaction, mais singulièrement dénuée de joie et de légèreté. C’était une extension de leurs devoirs, de l’exercice de leurs plus authentiques vertus; mais ni Mr Wentworth, ni Charlotte, ni Mr. Brand qui était parmi ces excellentes gens, un grand inspirateur de réflexions morales et de bonnes résolutions ne considérait l’événement comme une extension des agréments de leur existence. Ce point de vue était celui de la seule Gertrude Wentworth, fille assez originale mais dont l’originalité ne s’était pas manifestée dans toute son ampleur avant d’en avoir trouvé l’occasion dans la présence de ces étrangers, peut-être trop charmants. 
 
Mon autre blog: ICI
 
Les Européens, Henry James, 
Traduit de l’anglais par Denise Van Moppès
1878/1955 pour la traduction,
(Poche: Points, 236 pages)

Une journée à l’Abbaye des Vaux-de-Cernay, en vallée de Chevreuse et Ronsard: « Il ne faut espérer être parfait au monde. »

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Il ne faut espérer être parfait au monde;
Ce n’est que vent, fumée, une onde qui suit l’onde;
Ce qui était hier ne se voit aujourd’hui.
« Heureux, trois fois heureux qui au temps ne s’oblige,
Qui suit son naturel, et qui, sage, corrige, 
Ses fautes en vivant par les fautes d’autrui. »
 
 Ronsard
« Pour la fin d’une comédie »
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Découverte, hier, de l’ Abbaye des Vaux-de-Cernay,  en Vallée de Chevreuse, au beau milieu de la forêt de Rambouillet. Ce monastère cistercien du XIIe siècle a été détruit à la Révolution pour servir de carrière de pierres. Port Royal des Champs, non loin de là, lui avait été rattaché à sa fondation en 1204. Ce n’est plus aujourd’hui qu’un  endroit   transformé en hôtels et restaurants, de grande qualité, c’est vrai,  mais qu’on est loin de la spiritualité, des chants et du recueillement qu’on devait y trouver jadis!
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Ceci dit, c’est une adresse à recommander à tous les fins gourmets.
Abbaye des Vaux de Cernay
Une grande photo dans l’entrée rappelait le dernier mariage en date: celui de Macha Meril et de Michel Legrand!
Du monastère au mariage people! Ainsi va le monde.
Abbaye vaux de cernay mariage

Victor Hugo, Swysen, ma BD du mercredi

BD victor hugo swysenbd victor hugo 2

Une biographie de Victor Hugo sous forme de BD, quelle entreprise et quel courage pour  résumer une vie  aussi longue, aussi  mouvementée  et aussi bien remplie que celle de cet auteur qui a eu droit à un hommage national monumental à sa mort  et les honneurs du panthéon! Il a fallu deux années  à Bernard Swysen pour réaliser ce  travail ambitieux  très réussi!

Tout me semble satisfaisant: la lecture en est aisée,  les vignettes savent rester modestes, les citations ne sont pas négligées, les dessins me séduisent grâce à leur réalisme honnête, le tout mettant vraiment en valeur ce qui en fait l’essentiel à mes yeux:  après une  évocation aussi étoffée  de la vie du grand homme,  l’envie de mieux le connaître encore en continuant à découvrir de nouveaux ouvrages et à relire encore et toujours  ses poèmes. Evidemment c’est aussi la limite d’une telle entreprise,  ce petit côté didactique qui transparaît parfois mais c’est aussi sa force et j’aurais aimé  pouvoir m’en servir durant mes études, du moins dans un premier temps.
C’est un excellent travail et un bel hommage à un de nos plus grands auteurs. 
J’admire. 

Le manteau de Greta Garbo, Nelly Kaprièlian

le manteau de Greta Garbo et l'auteure

Le point de départ de ce  travail de 280 pages qui se dit roman mais qui, pour moi, n’est qu’un essai raté  n’est autre  que l’achat par l’auteur, journaliste  et critique littéraire, d’un manteau rouge  ayant appartenu àGreta Garbo lors de la vente aux enchères,  en décembre 2012, à Los Angeles,  de  la garde-robe  de l’icône la plus secrète de l’histoire du cinéma… Huit cents pièces.

 

 L’argument m’intéressait mais très vite, au bout de quelques  pages, le récit tourne  au bric-à-brac et part dans tous les sens. Je m’y suis perdue et  l’ai terminé en lecture rapide. Pourtant, une fois de plus,  la quatrième de couverture était alléchante, en affichant les questions auxquelles  le livre  souhaitait répondre. Les voici dans leur intégralité :

  •  Les vêtements d’une femme peuvent-ils raconter une vie, éclairer ses mystères ?
  • Pourquoi  Greta Garbo  achetait-elle des centaines de robes  alors qu’elle n’en portait aucune, ne se sentant bien que dans des tenues masculines ?
  • S’habille-t-on pour se travestir et se mettre en scène dans un rôle rêvé ?
  •  Pour donner une image de soi acceptable ou démentir une place assignée ?
  • Pour séduire ou pour déplaire ?
  • Se fondre dans une société ou s’y opposer ?
  • Quels désirs secrets et enfouis, quelles pulsions obscures et inavouables fondent notre goût, notre style ?
  • Et moi-même, pourquoi avais-je acheté lors de cette vente, le manteau rouge de Greta Garbo, alors qu’il n’était pas mon genre ?

Suit cet aveu : Ce qui devait être un essai s’est peu à peu mué en roman : les vêtements racontent ces fictions que sont nos identités et donnent à lire les narrations, souvent mystérieuses, que sont nos vies.

 

Beau programme!

Si seulement  la promesse avait été tenue d’en faire un roman, un récit,  pour retenir l’intérêt du lecteur par un vrai fil conducteur mais j’ai vite grimacé devant la bouillie que l’on m’offrait en fin de compte: tout un mélange d’anecdotes, de réflexions philosophiques, de souvenirs personnels, de retour à Greta Garbo, mais aussi une sorte de panorama d’actrices avec  leurs meilleures parures, leurs couturiers, leurs biographies, leurs solitudes, leurs postérités. On y trouve aussi de longues citations comme celle de l’interview de Jean-Jacques Schuhl  sur les travestis et le retour au religieux– tout ça pour conclure qu’on est en plein dans une crispation de l’identité   à l’époque actuelle.

Beaucoup de ces passages sont intéressants en eux-mêmes mais la lecture de l’ensemble m’a paru très fatigante.

Vraiment dommage!

Le billet de L’Irrégulière, pas plus convaincue que moi.
 

Le manteau de Greta Garbo, Nelly Kaprièlian, roman, Grasset,  septembre 2014,  286 p.

Greta Garbo

Bourbon Street, 1, 2, Charlot et Chabert, ma BD du mercredi

BD Bourbon Street Charlot et Chabert, 1BD bourbon street 2

Ce diptyque raconte l’histoire d’un quatuor de vieux musiciens de jazz de la  Nouvelle Orléans, qui après  avoir connu le succès dans les années quarante, essaie de  reconstituer leur groupe en 1997 pour s’exhiber à nouveau dans les  cabarets de leur ville mais Cornélius, leur trompettiste fétiche, ne veut plus jamais jouer depuis  la mort accidentelle  d’Angelina, la femme qu’il devait épouser. C’est lui le responsable du drame et c’est pourquoi il  a disparu pendant une cinquantaine d’années. Il faudra tout un concours de circonstances pour qu’il accepte de reprendre sa trompette, sous l’influence du fantôme d’Amstrong, revenu le soutenir.

C’est très beau, magnifiquement dessiné. J’aime cette ambiance  de jazz d’avant-guerre  souvent évoquée ici. Les détails  très réalistes évoquent bien l’ atmosphère d’alors dans cette ville torride et pauvre, gangrenée par le racisme le plus improbable mais d’une énergie à toute épreuve. Il ne me manquait que la musique mais le dernier album refermé, j’ai voulu écouter une fois encore les principaux standards d’Amstrong évoqués ici. Un beau moment.

Bourbon Street, Philippe Charlot, Alexis Chabert, 1, 2,
Les fantômes de Cornélius, Tournée d’adieux,
(Grand Angle, 2011/2012, 48p. – 48 p.)

L’écrivain national, Serge Joncour, roman de la rentrée littéraire 2014

Serge Joncour l'écrivain national

 Ce séjour promettait d’être calme. C’était même l’idée de départ, prendre du recul, faire un pas de côté hors du quotidien. En acceptant l’invitation, je ne courais aucun risque, la sinécure s’annonçait même idéale, un mois dans une région forestière et reculée, un mois dans une ville perdue avec juste ce qu’il faut de monde pour ne pas craindre d’être seul, tout en étant royalement retiré, ça semblait rêvé. 

Telle est l’intention de Serge, l’écrivain national,  en arrivant dans cette région du Morvan, où l’attendent le maire, un couple de  libraires et les lectrices du coin  pour y animer des ateliers d’écriture et participer à des rencontres  culturelles dont il serait le centre mais … pas une seconde je n’imaginais que le doux séjour puisse virer au cauchemar, pas une seconde je ne pouvais imaginer que tout bascule au point de sombrer dans la folie des pires dérèglements. Oui, sans ce fait-divers à quelques kilomètres de là, tout se serait parfaitement passé. 

Il y a de tout dans ce roman qui,  de récit pseudo biographique  sur la vie un peu morne mais parfois aussi loufoque  d’un auteur exhibé partout en  vedette locale, vire soudain au polar et devient même très sentimental à partir du moment où  l’écrivain voit la photo de Dora sur le journal local. Elle lui plaît immédiatement et avec elle,  tout s’embrase.  il en oublie sa mission d’auteur et arrive en retard et dans un état désastreux partout où il est attendu ce qui lui vaut peu à peu la méfiance,  la réprobation et jusqu’au sarcasme de ses fidèles admirateurs.  Il est sans cesse attiré par un coin  au plus profond de la forêt ténébreuse  où s’est déroulé le drame de la disparition d’un vieil homme riche que l’on soupçonne tué par ses locataires, ses seuls voisins dans cet endroit désert, deux jeunes émigrés de l’est. L’homme sur lequel on a retrouvé l’argent du vieillard est désormais en prison mais  l’autre, c’est  cette Dora, qui hante  les pensées de l’écrivain, malgré les nombreuses mises en garde qui lui sont faites.

Après un départ assez lent, c’est finalement avec un grand appétit de connaître le dénouement que j’ai continué cette lecture dont je  garderai sûrement  un bon souvenir. 

L’écrivain national, Serge Joncour, roman de la rentrée littéraire 2014
Lu aussi les billets de Cuné,  Clara,  Sandrine (Ys),  Eimelle, Yueyin,  L’Irrégulière,  Brize,  Alex, 
Rentrée littéraire 2014 chez Hérisson,

Ainsi soit Benoîte Groult, Catel,

BD Benoîte Groult, CatelBD benoite-groult

Quelle merveille, cet album graphique,

cette biographie dessinée d’une femme  que je connais un peu  grâce à son«Journal à quatre mains» écrit avec sa sœur Flora, et dernièrement avec « Mon évasion »,  un livre de souvenirs qui m’avait beaucoup plu également!

Ce que j’ai particulièrement aimé dans cette nouvelle  évocation de sa vie, c’est qu’elle est faite cette fois par une jeune  dessinatrice  très douée, tenace et convaincante qui réussit non seulement à briser (un peu) les préjugés  de son inspiratrice mais qui finit par entretenir avec elle un vrai climat de sympathie et de proximité. Elle ne se contente pas de retracer les moments forts de sa vie mais elle crayonne sans cesse sur le vif les portraits de ceux qui l’entourent et les  maisons et les lieux où vit son modèle

On est toujours à la fois dans le passé  et dans le présent de Benoîte Groult qui se révèle , une fois de plus, une personne très attachante et toujours pleine de projets.

C’est passionnant! Je l’ai lu presque d’une traite, malgré le nombre de pages, désolée de devoir arrêter  ma lecture par moments. De Catel, j’avais déjà lu les deux albums précédents: Kiki de Montparnasse et Olympe de Gouges mais celui –ci est encore meilleur, je trouve, plus spontané et plus personnel.  Un vrai chef d’œuvre !

Je me suis mise à la bande dessinée très tard dans ma vie – ce n’est pas vraiment de mon âge! 

Mais j’avais ressenti le coup de foudre de l’amitié dès ma première rencontre avec Catel Muller et je venais de lire d’une seule traite Kiki de Montparnasse, dont les personnages (peintres et écrivains pour la plupart) avaient été les amis de mes parents du temps où ils fréquentaient Montparnasse.  (Préface de Benoîte Groult)

A lire aussi, entre autres, les billets de  Canel,  Mior,   Cuné,  Theoma,  Cathulu,

Ainsi soit Benoîte Groult,  Catel, ma BD du mercredi
(Bernard Grasset, octobre 2013, 336 p.)